Depuis plusieurs mois, la révolte gronde et se propage de l’Algérie à l’Irak. Des milliers de révoltés, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes ont fait vaciller le pouvoir à coup de manifestations, d’émeutes, de grèves. Ben Ali et Moubarak sont partis. Qu’ils crèvent. Selon les bourgeois et leurs alliés (syndicats, partis, organisations politiques, journalistes), «le peuple réclame la démocratie». Comme si on pouvait désirer être gouverné, enfermé, dépossédé de notre existence sous le joug d’un régime quelconque. Comme si la démocratie allait résoudre d’un coup de baguette magique tous nos problèmes. Foutaises.

Ici, en Europe, l‘Etat nous tue à coup de matraque ou de prison pour certains, à coup d’humiliations quotidiennes et de misère pour tous. Ici, les pauvres qui n’ont pas les bons papiers sont enfermés dans des camps démocratiques, puis expulsés en charters. Ce dont les défenseurs de ce monde ont peur, c’est de ne plus pouvoir nous contrôler. C’est qu‘ici, on arrête d’aller sagement de l’usine au Lidl et du HLM au chantier. C’est qu‘eux cessent de se faire toujours plus de pognon. C’est que partout, les gens s’organisent sans chefs, sans fric et réalisent que d’en haut ne pleuvent que des coups.

Quand ils prônent un changement de régime, le retour à la normale, une transition démocratique au moment où tout est un inconnu à explorer et construire, c‘est une attaque directe contre notre volonté de prendre notre vie en main, contre notre liberté. Ils ont peur qu’on foute toute leur saloperie de monde en l’air dans un grand feu de joie, dans une soif de vivre, tout de suite, sans transition. C’est pour ça qu’ils lancent des appels au calme, à la reprise du boulot et de la routine, et sûrement pas pour « notre bien ».

Cette lutte, qui embrase une partie du globe depuis plusieurs mois, est la nôtre. La lutte pour la vie, pour la liberté de tous et de chacun crache sur les crapules spécialisées qui veulent nous séparer en spécificités géo-socio-politico-culturelles.

Nous affirmons notre solidarité avec les révoltés qui se battent de l’autre côté de la Méditerranée, et partout contre ce monde de mort.

Pour un monde sans Etats ni frontières
Solidarité avec les enragés en guerre contre l’Etat et le pouvoir au Maghreb comme ailleurs
Vive La Révolte

Mail de contact : ergendeda [at] yahoo [.] fr
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