Voici un tract rédigé en mars 2011.
Aujourd’hui la presse tente de faire passer le message comme quoi, en Tunisie, en Egypte,… la situation est normalisée. On n’entend plus beaucoup parler de ce qui s’y passe. Pourtant le mouvement continue… en Syrie notamment où les manifestants défient les couvre-feu, vagues d’arrestation,… Contre l’isolement dans lequel la bourgeoisie veut confiner et étouffer nos mouvements, brisons cette chape de silence. Continuons à nous faire entendre. Disons nous-mêmes ce qu’il en est de nos mouvements de lutte. Ne laissons pas la presse bourgeoise répandre ses mensonges. Créons nos propres réseaux d’information et de coordination des luttes. Seuls nous ne sommes rien, unis nous pouvons tout.
Pour en finir avec les séparations…
Ce tract est à présent rédigé en français et nous tâchons de le traduire en anglais. Si vous l’approuvez et que vous pouvez le traduire en une autre langue, c’est génial. Faites-le nous savoir. Vive la lutte ensemble et partout.
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Leur lutte est la nôtre. Généralisons-la !

Depuis janvier 2011, le feu de la révolte embrase l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, le Yemen, le Bahreïn, la Jordanie, la Syrie,… l’Albanie aussi,… jusqu’à l’Irak et même l’Iran.

Les médias nous disent qu’il s’agit d’une lutte pour «plus de démocratie» ! ??? Accroître la dépendance vis-à-vis du salaire ? Augmenter les cadences, les privations ? Multiplier les prisons, les caméras, les lois « antiterroristes » ? Développer l’entassement dans les bidonvilles, les camps de réfugiés ? Rendre toujours plus violente la précarité des conditions de vie ? Est-ce vraiment le sens de cette révolte ?

C’est un peu vite oublier que la démocratie c’est bien tout ça, toute cette saloperie qui constitue notre pain quotidien. C’est un peu vite oublier que la démocratie c’est la terreur quotidienne de l’esclavage salarié et que ce monde de la liberté d’entreprise est construit sur la  dépossession des moyens de vie, la dictature de la propriété privée et l’asservissement au travail.

Non, décidément, NON ! Prenant pour cible les commissariats, palais de justice, parlements, sièges de partis, bureaux de vote, prisons, banques, grands magasins, commerces de luxe,… ces mouvements s’attaquent aux piliers de l’ordre démocratique.

Se vendre contre un salaire. Perdre sa vie à la gagner. La prison et la torture dès qu’un NON ose se faire entendre. C’est cela qui est remis en question dans les mouvements qui font traînée de poudre du nord de l’Afrique au Moyen orient. C’est la condition de prolétaire qui n’a, pour survivre, que sa force de travail à vendre contre un salaire, c’est la concentration de toutes les richesses aux mains de la bourgeoisie qui sont remises en question. C’est la répression dès que le prolétariat veut en finir avec ce rapport d’exploitation qui est remis en question. Et c’est bien pourquoi nous nous reconnaissons dans ces mouvements. Leur lutte c’est notre lutte.

Le changement de personnel à la tête de l’Etat : une « révolution » !??? Il n’y aurait plus de raison de lutter !???

La bourgeoisie a toujours fonctionné en alternant, selon le rapport de force, des gouvernements multipartistes, parlementaires et des régimes unipartistes, juntes militaires,… Cette alternance avec ou sans élections à l’appui, c’est un des mécanismes démocratiques pour enterrer nos luttes. C’est la façade en trompe l’œil que se donne ce système. C’est nous dire que le travail, la précarité,…  viendraient d’un problème de gestion. Remplaçons les gestionnaires et tout irait mieux !???

Les medias mettent l’accent sur ce ravalement de façade. C’est une manœuvre de la bourgeoisie pour gagner du temps, réorganiser ses forces et reprendre l’offensive. Tant que nous accorderons quelque crédit à ces formules de remplacement, nous resterons objet de la dictature du profit.

Mais ce qui est important aujourd’hui c’est que, par exemple en Egypte, les mouvements de grève n’ont pas capitulé face aux promesses de changement, ils se sont même multipliés: dans les chemins de fer, les centres pétroliers, les ports (dont Port Saïd sur le canal de Suez), l’industrie textile, les banques, l’enseignement,… Et le nouveau gouvernement a déjà montré son vrai visage: au nom «de la sécurité et de la stabilité du pays» il a condamné ces grèves et installé des barrages de contrôle dans tout le pays.

Continuons la lutte partout où nous nous trouvons. Ici comme là-bas nous vivons sous le même joug: la pression est sans cesse plus forte pour nous faire accepter des conditions de travail toujours plus éreintantes: alors que les salaires sont rognés de toute part (augmentation des prix, suppression d’avantages, modification des statuts, baisse de la qualité des marchandises,…), le temps de travail est rallongé en tout sens (flexibilité des horaires, retraites retardées, obligation d’avoir plusieurs petits boulots de front,… ), l’endettement, les menaces de se faire jeter sans aucun recours,… Voilà bien l’étau dans lequel nous sommes pris là-bas comme ici. Restons mobilisés. Bloquons l’économie. Libérons les compagnons emprisonnés. Poursuivons les attaques contre tout ce qui fait ce système : les banques, les commissariats, les élections,… Abolissons les frontières. Organisons-nous internationalement.

Nous avons suffisamment expérimenté que toutes les instances gouvernementales nationales ou internationales concourent à renforcer l’essence meurtrière et dévastatrice du système capitaliste.

Toute promesse électorale est un leurre, tout changement de gouvernement est un moment de réorganisation de la bourgeoisie contre nos luttes.

A bas l’Etat ! A bas le capital !

Pour en finir avec la propriété privée, le travail, l’argent, la logique de profit.

Pour un monde dirigé par les besoins humains.

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