15 août 2009
Algérie: Multiplication des émeutes et des questions
Les procédés utilisés par ces citoyens en colère sont le plus souvent les mêmes : affrontements avec les forces de l’ordre ; jets de pierres ou d’autres projectiles parfois enflammés ; agressions et séquestrations, qui parfois tournent au meurtre ; pneus brûlés sur les routes, voire autoroutes barrées et bloquées à la circulation ; édifices publics saccagés, mise à feu des magasins et locaux pillés ; voitures réduites en pièces détachées, etc.
Et si la manifestation de cette violence latente est commune, les éléments déclencheurs – « l’étincelle qui met le feu aux poudres » – sont divers et variés et peuvent même être insignifiants. Lorsqu’il y a quelques années, les émeutes avaient avant tout des considérations politiques, aujourd’hui, un « glissement » s’est opéré et les raisons de ces éclats de colère sont tout autres. L’on peut trouver « compréhensible » que des habitants se révoltent suite à la mort tragique de l’un des leurs – une écolière fauchée par un chauffard, mort accidentelle d’une jeune fille heurtée par des débris d’explosion provoquée par une entreprise de BTP, ou encore d’un jeune homme dans les locaux de la Gendarmerie nationale.
L’on peut toutefois s’étonner, voire s’amuser du fait que des gens « normaux », pères de famille ou personnes sans histoire, descendent dans la rue en raison de coupures électriques trop fréquentes surtout en pleine canicule, d’un raccordement au réseau de distribution d’eau qui se fait attendre ou suite à l’affichage des bénéficiaires de logements sociaux soupçonnés d’être « pipés ». Pourtant, ce sont justement ces émeutes pour causes « anodines » qui traduisent le mieux les malaises profonds qui sourdent au moindre prétexte, un peu comme « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Les différents sociologues qui se sont penchés sur ce phénomène ont apporté diverses explications, ayant toutes pour trame « la misère socioéconomique » et la perte de confiance des citoyens envers leurs gouvernants. Lorsque ces évènements ont pour cause un décès, les émeutiers réagissent par « appréhension de l’impunité des auteurs de cet accident » ; ils décident alors de se rendre justice eux-mêmes, dans un état d’esprit vengeur, amplifié par « un effet de meute » par lequel ils oublient les conventions sociales et n’ont plus la perception du mal et du bien. De même, cette violence traduit le mal-être de groupes sociaux se sentant exclus et soumis à une détresse existentielle qu’ils jugent irrémédiable, perçue avec un sentiment de continuité et de fatalité.
Seul canal pour se faire entendre
Mais, hors des facteurs déclencheurs, ce que ces émeutes révèlent surtout est le désintérêt affiché et profondément ressenti par ces citoyens envers les canaux de contestation « conventionnels », leur perte de foi en les syndicats, les partis politiques, les représentants locaux et en la classe dirigeante dans son ensemble. Investir la rue reste alors la seule manière de se faire entendre, de revendiquer « des droits », ou de signifier son « ras-le-bol » du système. Lorsqu’elles sont sporadiques, ces manifestations sont « l’expression d’un trop-plein, une sorte de soupape de sécurité ». Mais c’est lorsqu’elles sont cycliques et récurrentes qu’il y a lieu de s’inquiéter, car, selon les spécialistes, cela est la révélation qu’elles sont devenues la seule forme de langage laissée « ouverte » et encore à la portée des citoyens lambda. Et c’est cette violence gratuite et aveugle qui doit le plus alerter les autorités publiques, car l’agitation des jeunes ne doit pas être interprétée en fonction de son facteur déclencheur réel, mais selon le vecteur choisi pour exprimer sa colère ou sa douleur.
« Toutefois, l’Etat doit réagir en apportant de réels remèdes, curer les maux à la racine et non pas comme il le fait actuellement, en apportant des solutions palliatives, répressives pour la plupart, qui le plus souvent ne font qu’attiser la défiance ressentie envers la classe dirigeante », analyse un sociologue. « Dans le monde entier et même en Algérie il y encore quelques années, lorsqu’il y avait fronde populaire, c’était dans une optique de changer les choses fondamentalement, dans un but de refonte du système. Car, le pire dans tout cela, c’est qu’ils savent très bien que la situation ne changera en rien suite à ces émeutes, et que leurs vie ne s’en trouvera pas améliorer », déplore-t-il. Bien au contraire même, puisque, à l’instar des harraga ou de la conduite dangereuse pratiquée sur les routes par les Algériens, particulièrement les jeunes, ces émeutes peuvent aussi être perçues comme autant de tendances suicidaires et autodestructrices. Car une fois « le coup de sang » passé et le calme retrouvé, les seuls qui auront le plus à pâtir de ces agissements et à en être pénalisés sont ces émeutiers eux-mêmes ainsi que leurs concitoyens. En tentant de porter un coup au système, au péril de leur vie et de celle de leurs voisins, ils mettent à sac des infrastructures dont les seuls usagers sont eux-mêmes ou ils bloquent des automobilistes des heures durant. L’on dit qu’en moyenne, une émeute éclate chaque jour en Algérie.
Par Ghania LassalEl Watan, 5 août 2009
10 août 2009
Letters from Algeria: the situation after the uprising - The Red Menace
Accounts of a participant in the 1988 uprising against austerity measures in Algeria.
These letters were received by our comrades at Le Brise Glace (The Ice Breaker). We are publishing them because they give an interesting eye-witness account of the situation before and immediately after last year’s uprising in Algeria. The reference to ‘Chadli’ is to the president, ChadIi Benjedid.
Hello,
I spent a dozen days at the seaside… the sea is the only thing here which is still beautiful. Our country is In the process of living through a very difficult moment, a major economic crisis. Inflation is at full tilt, which means that the number of people on the take has increased a lot. Corruption Is everywhere. It even touches the popular classes. The people suffer and console themselves with a silence which will be heard sooner or later. Because things here are really over the top. But then, unfortunately the leaders are lacking. and there are no mass organisations of the people.
The party of the FLN (National Liberation Front) is just a collection of corrupt and treacherous shysters, a kind of mafia, who can only milk the people. There is no bureaucrat who is not a thief. Money is syphoned off by the billions by the DGs (Directeur Géneral) who only risk a few months In jail. At the moment all the bigwigs are feathering their nests. Even the president and his entire family are implicated. Recently there was a bloke here who, with the complicity of the DG of the banks, embezzled several billion; he was arrested and held for several weeks at the same time that the bank manager, who was in Switzerland, was sent back here. Result; they were only held for a few weeks, and the police aren’t bothering them now. I always used to see this bloke driving around in his Porsche. No-one trusted him. And the reason that the police aren’t interested: well Chadti’s son (a right little tucker) and the son of a general (as much a fucker as the former and as his dad) are involved In the business. So long as the people are being screwed they are no longer In power. Socialism, what’s that? Those who don’t really know about socialism have ended up hating it, because they judge It by the style of the Algerian regime. And the worst is that ChadIi and his clique are in the process of selling the country to the west, the USA in particular.
The Algerian authorities have even secretly extradited Algerian nationals that France has asked for. What this means Ii that if France or the USA want to liquidate or condemn such and such an Algerian, they only need to act through the Intermediary of the authorities here. This is truly revoltingl (...) Well that’s what’s happened to our country. It is very difficult to do anything here. Everyone is very fragmented here, because they are scared and they know this can’t last much longer.
So, firstly there is a lack of propaganda material to inform people and to prepare them. Then there is the lack of money and guns. But to have this is a dream in a country like this. Because people only worry about filling their pockets and becoming more and more selfish. Personally, I want to leave this country this month - I’ll contact you from wherever I am.
Ali
***
27/12/88
Hello,
I sent you a letter just before the recent events, but I think it must have been Iitercepted like many other letters, because the post of the ‘Algerian people’ is censored in case the truth gets out, but the truth is already out.
I have already told you that the people were at the end of their tether, and I had a good idea of what was going to happen. I have liyed very close to the recent events, or rather the revolt by the ‘kids’. I often found myself in the front line. Unfortunately I have been very II and week; I had to go home and recover my strength whenever It abandoned me.
What has happened here has not been seen in any other part of the world, even Chile or Palestine, where the soldiers have been gunning people down for four months (The Israeli Prime minister sad: ‘What we have killed In 8 months, the Algerians have killed in 2 daysl! So the Medal for Repression must go to the Algerians.’) In two days more than 200 people were killed, a more accurate estimate would be more than 500 dead. In my neighbourhood we have buried 2 youths aged 10 and 11 years old (the youngest). The youngest wounded in our neighbourhood was one year old, although a mother was killed with a baby in her belly. A nineteen year old friend of many was brought down as he tried to help a wounded person lying on the ground. In our sector, there have been at least 30 people killed and 100 wounded.
Personally, I have endured many bursts of MAT49 fire. The only reason l’m still alive is because the soldiers are such lousy shots and the MAT49 doesn’t aim too good in the hands of a crap shot. But with the KaIachnikovs we have to keep out the way and even lie flat. I felt no fear, but I was careful not to get killed, whereas the youth threw themselves at the tanks and machIne guns like kamikazis with the carelessness of their age. Unfortunately we did not have any guns or any way to stop the tanks. No-one was ready for it (now not far from Algiers, there must be nearly 400 tanks. I can’t think what they’re waiting fort) These fachos have shot at us when we were going to bury 3 people, including the two kids. They have no respect for the dead (you’re going to say they have respect for the Iiving!). I saw 6 people drop during the funeral cortege.
I tell you such experiences so as to tell you that French imperialism has been inherited here: amongst other obscenities, torture. The mopping up after the revolt was merciless. The French were soft next to this race of monsters. Some youths have been finished off, because after having tortured them so much, they could not let them go in the state they were in, which would have been very bad evidence against them. Whilst the youngest kids were subjected to the most horrible sexual abuse, those who were only raped or sodomised were lucky. Some were castrated! In what country have you heard of things like this? It is unbelievable.
Ali
The Red Menace, number three, June 1989. Taken from the Practical History website.
http://libcom.org/history/letters-algeria-situation-after-uprising-red-menace
06 août 2009
Ssangyong occupation has ended: August 6, 2009
Once the fierce fighting ended yesterday (August 5, 2009), 100 strikers left the occupation throughout the night (many out of disgust at the ruthlessness of the state and company's violence). At the end of the negotiations last week, management's last offer was 60% of the workers would accept voluntary retirement (or termination) with 40% taking an unpaid furlough until they're called back. Negotiations began today at 11:00 a.m., with the union now agreeing to retirement for 52%, with 48% for the furlough. The strike is over and the occupiers will leave the factory any minute.
***Update August 6, 2009: the strike & occupation has come to an end on its 77th day***
It ended at 2:50 p.m. Korea time (30 minutes ago).
In April 2009 a court-approved restructuring plan was for 2,646 workers to leave the company by either voluntary early retirement or termination. Not long after, more than 2000 workers, including casuals and subcontracted workers, had already left. The pre-strike workforce had been 7,179.
By the start of the strike and occupation, strikers were fighting for job security for 976 workers. Today's settlement will only save 48% of those jobs (approx. 468), with 52% being terminated.
http://libcom.org/news/ssangyong-occupation-has-ended-august-6-2009-06082009
05 août 2009
Ssangyong occupation update: August 5, 2009
The final battle will come shortly. Serious injuries occurred today. The only remaining occupied factory building is the paint department, with about 500 strikers defending it. The cops have taken control of all the rest of the surrounding buildings. The crackdown on the strikers has been extremely brutal.
***Update August 5, 2009 4:30 p.m. (Korea time)***
Condition of workers mentioned in previous thread: one fell going from roof to roof and broke his vertebrae, as well as head injuries. Serious, but not life-threatening. 2 others fell from roof, but injuries were not as serious. But 30 others, on both sides, were injured and needed medical attention.
The paint building is the only one still occupied by strikers. It is in the middle of all the red circles, with the "2" in it.
The news we've gotten seems to indicate that the fighting has calmed for now. A few more strikers left the occupation today. The chief of police has promised more lenient sentences for those turning themselves in before August 6. More reports, with hopefully more details of the condition of the approximately 500 remaining strikers barricaded in the last occupied building of the paint department, coming soon...
http://libcom.org/news/ssangyong-occupation-update-august-5-2009-05082009
http://libcom.org/news/ssangyong-occupation-update-august-4-korea-time-2009-04082009
http://libcom.org/news/ssangyong-occupation-update-august-2-2009-02082009
http://libcom.org/news/ssangyong-occupation-update-day-eleven-july-30-2009-30072009
http://libcom.org/news/ssangyong-occupation-update-day-ten-july-29-2009-29072009
http://libcom.org/news/ssangyong-occupation-update-day-eight-july-28-2009-28072009
01 août 2009
La lutte à Ssangyong Motor continue
Ce témoignage nous a été envoyé par un travailleur d’une usine voisine qui soutient la grève.
(Pour ceux qui entendent parler de cette grève pour la première fois, elle concerne une occupation d’usine à Pyeongtaek, Corée du Sud, qui a commencé le 22 mai 2009 quand la direction a annoncé des mises à la retraite anticipée et le licenciement de 2 000 des 7 000 ouvriers près de Séoul.)
Depuis qu’une ordonnance de la cour a été prise le 20 juillet 2009, plus de 3 000 policiers anti-émeute, notamment une unité de rangers, tentent de s’emparer de l’usine et ont ordonné aux travailleurs de quitter l’entreprise. Après que les ouvriers ont rejeté cet ordre, les flics ont lancé une série d’attaques contre les travailleurs qui occupent l’usine depuis 7 jours consécutifs, et ils ont recruté pour cette attaque des voyous et des jaunes qui font partie des individus non licenciés.
Les défenseurs de l’ordre mènent en même temps une propagande idéologique constante, et un hélicoptère de la police vole à basse altitude pour empêcher les travailleurs de dormir, les épuiser et les provoquer.
Ils ont coupé l’approvisionnement en eau et en gaz et de l’usine et ils refusent l’entrée à toute aide humanitaire médicale. (L’électricité a été laissée pour empêcher la peinture et d’autres matières inflammables dans l’usine de peinture de se décomposer.)
Depuis le 21 juillet, la police lance des grenades lacrymogènes à partir de ses hélicoptères sur les travailleurs qui sont placés sur le toit du département peinture. Elles contiennent un gaz toxique qui peut faire fondre le caoutchouc éponge.
Par intermittence, lorsque les policiers anti-émeute essayent d’entrer dans l’usine de peinture, ils se servent d’une arme de tir utilisant 50 000 volts ainsi que des clous, tandis que les briseurs de grève emploient des frondes pour bombarder les grévistes à partir de l’immeuble d’en face.
Naturellement, nous luttons contre la police avec des barres de fer et des cocktails Molotov dans la rue en face de l’usine pour défendre la grève.
Environ 700 travailleurs sont enfermés dans l’usine et ils mangent une boule de riz chaque jour et boivent de l’eau de pluie bouillie. Bien que de nombreux travailleurs aient été blessés au cours de la lutte, ils poursuivent leur lutte avec détermination.
Le 20 juillet, la femme d’un responsable syndical s’est suicidée à son domicile. Même si son mari n’était pas sur la liste des licenciés, il participait à la lutte, malgré plusieurs menaces de la direction. Son épouse avait seulement 29 ans. Jusqu’à présent, cinq personnes sont mortes ou se sont suicidées en liaison avec cette grève.
Les syndicats ont appelé aux grèves suivantes :
22 juillet : le KMWU (Korean Metal Workers Union, qui organise l’usine) a appelé à 4 heures de grève.
Le 23 Juillet : KMWU : 6 heures de grève.
Le 25 juillet KCTU (Korean Confederation of Trade Unions) a tenu un rassemblement en face de la gare de Pyeongteck.
Le 25 juillet, les travailleurs et d’autres participants, armés de barres de fer et de pierres extraites du trottoir, se sont affrontés à la police anti-émeute à la fin de ce meeting, tout en essayant de marcher vers les portes de l’usine de Ssangyong. Une attaque brutale de la police nous a forcé à nous retirer et à quitter les abords de l’usine. Des combats ont continué jusque tard dans la nuit dans les rues de Pyeongtaek.
Les syndiqués de la KMWU doivent en principe participer à 6 heures de grève générale le 29 juillet, mais il est difficile de mobiliser tous les membres du syndicat pour cette grève. La direction cherche à miner le moral des grévistes, en prétendant qu’elle va être acculée à la faillite.
Face à la pression croissante de certaines organisations de la société civile, et de certains députés, la direction et le syndicat de Ssangyong devaient se réunir le 25 juillet 2009. Mais la direction a annulé cette réunion, unilatéralement, pour le seul motif fallacieux que les travailleurs lançaient encore des boulons contre les flics et qu’elle ne peut pas accepter la revendication du syndicat d’annuler les licenciements et de lockouter les travailleurs par rotation pour qu’ils gardent leur emploi.
La direction du syndicat a rejeté cette concession, et maintenu les licenciements.
Aujourd’hui (27 juillet), les travailleurs de Ssangyong ont tenu une conférence de presse et organisé un autre rassemblement en face de l’usine de peinture, pour échapper pendant quelques heures à l’atmosphère étouffante qui règne à l’intérieur du bâtiment.
Les revendications de ce rassemblement étaient les suivantes :
1) Retrait de la police 2) négociation directe avec le patronat et le gouvernement 3) Divulgation des résultats de l’enquête pour utilisation illégale de la technologie du moteur hybride diesel.
Enfin, pour conclure, je citerai les dernières phrases de la conférence de presse :
« …. Nous avons fait de notre mieux pour résoudre ce conflit de façon pacifique et par le dialogue. Néanmoins, si ce genre de répression brutale, meurtrière se poursuit, nous déclarons ouvertement notre volonté résolue de lutter jusqu’à la mort. Nous qui sommes rassemblés ici sommes prêts à montrer notre détermination à mourir non seulement en tant que travailleurs mais aussi en tant qu’êtres humains. Nous allons nous battre sans compromis, récupérer nos droits et rentrer chez nous quand nous gagnerons. »
PS. Au moment où je suis allé me coucher, j’ai appris que les policiers avaient lancé une autre attaque brutale contre les travailleurs. Les jours qui suivent seront décisifs.
************
Pour plus de détails sur la classe ouvrière de Corée du Sud on lira avec profit l’article de Loren Goldner paru dans le numéro 23-24 de la revue Ni patrie ni frontières
http://www.mondialisme.org/spip.php?article1108
http://dndf.org/?p=4877
31 juillet 2009
Des nouvelles d’Algérie…
Sidi Bel Abbès : Des émeutes éclatent à Sidi Ali Benyoub
El Watan, 28 juillet 2009
Des émeutes ont éclaté dimanche vers minuit à Sidi Ali Benyoub, une localité située à 25 km au sud de la ville de Sidi Bel Abbès.
Selon des citoyens de cette localité, la fronde populaire a pour origine la pollution atmosphérique générée par l’exploitation immodérée des carrières d’agrégats de Sidi Ali Benyoub (ex-Chanzy). Pris en tenaille entre les poussières asphyxiantes des carrières et la vague de chaleur exceptionnelle qui s’abat sur la région, les habitants de cette localité ont investi la rue comme ultime moyen pour exprimer leur désarroi. Des jeunes en colère ont, rapporte-t-on, tenté d’incendier certains édifices publics après avoir barré la route nationale reliant cette localité au chef-lieu de wilaya. Parallèlement, des échauffourées éclatèrent dans plusieurs quartiers entre les forces desécurité et des manifestants qui ont pris pour cible des camionneurs et saccagé des poteaux électriques. Les affrontements nocturnes à Sidi Ali Benyoub, qui se sont poursuivis jusqu’à 4h, ont fait plusieurs blessés, selon une source sécuritaire.
Aussi, des arrestations ont été opérées, hier, dans la matinée pour « apaiser la situation », confie cette même source. La tension, qui a baissé d’un cran dans la journée d’hier, reste, toutefois, très tendue. Il y a lieu de rappeler que les dirigeants de huit carrières d’agrégats dans la commune de Sidi Ali Benyoub ont été sommés en 2007 par les autorités de la wilaya de se conformer à la réglementation en vigueur en ce qui concerne les émissions de poussières. Cependant, la plupart des gérants de ces carrières ne se sont pas pliés à cette exigence qui prévoit notamment la pose de filtres spéciaux au niveau des installations de concassage ainsi que la mise en place d’un système d’aspersion en eau des agrégats au moment du chargement des camions. Qualifiant la situation de véritable « désastre écologique », des associations de sauvegarde de l’environnement avaient tiré la sonnette d’alarme en mai dernier, mettant en garde contre une recrudescence des maladies respiratoires chroniques dans la région.
Par M. Abdelkrim
SUITE À UNE ÉNIÈME COUPURE DE COURANT ÉLECTRIQUE
Des citoyens investissent la rue à Aïn-Naâdja
Le Soir d’Algérie, 29 juillet 2009
Des troubles ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Aïn-Naâdja, suite à une coupure de courant électrique.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Plusieurs jeunes ont dressé des barricades et incendié des pneus au niveau de l’artère principale qui traverse les cités de ce quartier populaire, ainsi que sur la route longeant le siège du Commandement des forces terrestres. En agissant de la sorte, la population de Aïn-Naâdja voulait dénoncer les coupures récurrentes de courant électrique ces dernières semaines. Selon des témoins, les automobilistes qui tentaient d’emprunter ces voies ont été obligés de rebrousser chemin. «Il n’y a eu aucun acte de violence à l’encontre des citoyens. Certains manifestants ont toutefois jeté des pierres contre des voitures de police. Mais durant une grande partie de la nuit, nous n’avons vu aucune présence des forces de l’ordre. La rue était livrée aux habitants du quartier», a indiqué un témoin. Selon lui, les troubles ont pris fin vers 3 heures du matin. Des éléments de la Protection civile sont intervenus par la suite pour éteindre les pneus encore en feu. Hier, les gravats qui ont servi de barricades étaient encore visibles sur les côtés de la chaussée. Notons que cette coupure de courant électrique a au lieu lundi aux environs de 23 heures, pour ne prendre fin que le lendemain matin, vers 10 heures. «C’est une situation intenable que nous vivons depuis le début de l’été. Comment se fait-il que tous les quartiers de la capitale ont de l’électricité et pas nous. La Sonelgaz dit qu’il n’y a pas de délestage ; alors comment expliquer cette situation ?», s’interroge un épicier. Ce dernier affirme avoir été obligé de jeter des produits périssables. «Les yaourts et les glaces ont fini à la poubelle. Je préfère subir une perte financière plutôt que d’être la cause d’une intoxication alimentaire», explique-t-il. Jointe hier au téléphone, une source proche de la Société de distribution de l’électricité et du gaz d’Alger a indiqué que cette coupure était due «à la rupture d’un câble de moyenne tension». «Les équipes techniques de l’unité de Gué-de-Constantine sont intervenues immédiatement après la déclaration de cet incident. Le courant électrique a été rétabli dans des délais relativement courts, au regard des conditions de travail particulièrement difficiles en cette période de canicule», a précisé cette source.
T. H.
Émeutes à la suite d’incendies : Nuit agitée à Tadmaït
El Watan, 26 juillet 2009
Les stigmates des troubles de la veille étaient toujours visibles, hier matin, dans les principales ruelles de la ville de Tadmaït, 17 km à l’ouest de Tizi Ouzou, qui a connu une nuit très agitée.
La cité était, vendredi dernier, tout juste à la tombée de la nuit, le théâtre d’affrontements entre des jeunes manifestants et les éléments des forces de l’ordre. Les heurts se sont poursuivis jusqu’à une heure tardive de la nuit. Tout a commencé, selon des témoignages concordants, au milieu de la journée. Alors que la chaleur avait atteint 45 degrés, des villageois ont, disent-ils, aperçu deux gardes communaux en train de mettre volontairement le feu à des champs d’oliviers sur les hauteurs de Sidi Ali Bounab. A partir de là, les citoyens de ces bourgades se sont mobilisés pour arrêter les deux éléments de la police municipale. Ces derniers ont été passés à tabac par la population, et ce, avant d’être emmenés au siège de l’APC où un grand rassemblement avait été observé par les manifestants qui voulaient remettre les deux gardes communaux aux élus locaux mais pas, insistent-ils, aux services de sécurité. L’arrivée des brigades antiémeute, quelques instants plus tard, a mis le feu aux poudres. La situation a, en un laps de temps, dégénéré. Les manifestants ont lancé des jets de pierre et autres projectiles sur le siège de l’APC qui a été partiellement saccagé.
Les portes en verre et les fenêtres ont volé en éclats. Dès lors, la ville commençait à offrir un visage de désolation. Toutes les artères menant au centre-ville ont été barricadées par des blocs de pierre et des pylônes arrachés ainsi que par des pneus enflammés. Les fumées émanaient de tous les coins de la cité. Il était près de 19h lorsque les manifestants ont commencé à investir la RN12. Celle-ci a été fermée à la circulation pendant plus de deux heures. Ce qui a engendré un grand embouteillage en début de soirée. Vers 21h, alors que la voie publique a été dégagée, les jeunes ont regagné l’esplanade du siège de l’APC. Ils voulaient en découdre avec les éléments de la police. Des affrontements éclatent de nouveau obligeant les forces de l’ordre à utiliser des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Ces derniers ont riposté avec toutes sortes de projectiles et de pierres. « Comment voulez-vous qu’on se taise. Des maisons ont failli, de peu, être brûlées. On a subi des journées infernales avec la chaleur et en plus on fait face à des incendies qui empoisonnent notre quotidien en cette de période de canicule où les conditions de vie sont vraiment difficiles dans notre village. Comment peut-on rester insensibles à ce qui se passe », clame un citoyen de Bouchioua, l’un des hameaux les plus touchés par les incendies du week-end dernier. En effet, les flammes ont ravagé une partie importante de la forêt et des broussailles dans les villages de Sidi Ali Bounab, une région fortement pénalisée par la rudesse du climat. Que ce soit en été ou en hiver, les habitants de ces bourgades, perchées sur les hauteurs de Tadmaït, font face à un véritable calvaire.
Vendredi, les feux de forêt ont fait subir à la population de cette région de durs moments tant les flammes cernaient même les maisons. « On a dû évacuer les habitants et se mobiliser pour apaiser l’intensité des feux et éviter surtout aux flammes d’atteindre nos maisons. Des centaines d’oliviers et des dizaines de ruches sont parties en fumée en une journée », déplore un jeune d’El Maâdi. Pour sa part, le maire de Tadmaït nous a précisé : « Nous avons essayé vainement de calmer les esprits, d’expliquer aux manifestants que l’affaire est du ressort de la justice. Ils ne voulaient pas remettre les deux gardes communaux aux forces de sécurité et voulaient les garder au siège de l’APC », ajoute M. Hammadi, qui a souligné, en outre, que les deux gardes communaux ont été, après leur libération, évacués à l’hôpital, dont l’un est dans un état grave. On a appris également, hier dans l’après-midi, que les propriétaires des champs d’oliveraies auraient déposé plainte contre les deux éléments de la police municipale pour incendie volontaire. Hier, durant toute la journée, le calme est revenu dans la ville de Tadmaït. Une opération de nettoyage des débris provoqués par les émeutes de la veille a été entreprise par les services de la mairie à travers les différentes ruelles de la ville.
Par Hafid Azzouzi
Annaba : Arrestation de 27 harraga
El Watan, 26 juillet 2009
Vingt-sept jeunes émigrés clandestins, dont deux filles et un mineur, ont été interceptés, vendredi après-midi, à bord d’une embarcation de fortune par les éléments du groupement territorial des garde-côtes (GTGC) de la wilaya de Annaba, alors qu’ils tentaient la traversée à destination de la rive européenne.
C’est ce qu’a confirmé Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime principale des garde-côtes de Annaba. Agés entre 17 et 41 ans, ces harraga sont, selon le chef de la station maritime principale, originaires de Annaba, Chlef et Béjaïa. Ils ont appareillé vendredi à 00h30 à partir de la plage de Oued Bakrat, dans la commune de Séraïdi. Leur « felouque » a été aperçue à 13h30 par l’unité semi-rigide d’intervention rapide des garde-côtes n°355. Elle naviguait à 20 milles marins au nord de Ras El Hamra. Ils ont été récupérés à bord de la même unité des garde-côtes de Annaba non sans résistance puisqu’ils ont refusé d’obtempérer à l’ordre des gardes-côtes. Il a fallu appeler du renfort pour pour pouvoir arraisonner leur embarcation artisanale. En effet, quelques moments après, c’est l’unité n°344 qui est venue immédiatement à la rescousse pour embarquer les 27 jeunes infortunés, dont 2 filles venues de Chlef et de Béjaïa. Selon toujours Zaïdi Abdelaziz, l’embarcation et le moteur type Suzuki 40 chevaux ont été saisis à l’arrivée au port de Annaba. Après avoir été auditionnés, ils ont subi une visite médicale par le médecin de la Protection civile. Ils ont été présentés, hier, au procureur de la République du tribunal de Annaba. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, deux jeunes harraga ont été remis à la police judiciaire pour les besoins de l’enquête. Quant au reste, ils ont bénéficié d’une citation directe pour le 19 octobre prochain. Près de 170 candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés au large des côtes annabies, depuis le début du mois de juin dernier, par les patrouilles des garde-côtes.
Par M. F. G.
La surpopulation carcérale entrave la réforme
Le Soir d’Algérie, 25 juillet 2009
Depuis l’application des réformes du secteur de la Justice, les établissements pénitentiaires enregistrent une amélioration dans la prise en charge des détenus. C’est ce qui ressort de l’intervention de Mokhtar Felioune, directeur général de l’Administration pénitentiaire et de réinsertion, jeudi dernier sur les ondes de la Radio Chaîne II.
Rym Nasri - Alger (Le Soir) — L’invité de l’émission «Rencontre de jeudi» a, toutefois, relevé que la surpopulation des prisons entrave la bonne application des réformes. «La surpopulation des prisons concerne les anciens établissements pénitentiaires hérités de la période coloniale. Elle demeure le seul problème à résoudre pour parfaire toutes les réformes du secteur», a déclaré le responsable de la Justice. Pour résoudre ce «point noir», un projet de 81 établissements d’incarcération répondant aux normes internationales est en cours de réalisation. Ce qui permettra, à terme, annonce Mokhtar Felioune, la fermeture de l’ancien parc pénitentiaire. Le projet comporte deux étapes. La première — dite «urgente» — permet de réaliser sur la bande des Hauts Plateaux des établissements à même d’accueillir 19 000 détenus. «La livraison est attendue pour la fin de l’année en cours», a-t-il dit. La seconde étape permettra de construire des prisons en remplacement des anciens établissements. Implantés en dehors des grandes villes, ces nouveaux pénitenciers seront dotés de salles de cours, d’ateliers de formation professionnelle, d’infirmeries ainsi que d’installations sportives. Un grand chantier qui prendra fin au premier semestre 2010 «Notre but est d’assurer de nouvelles infrastructures répondant aux normes internationales afin de permettre aux prisonniers de purger leurs peines dans des conditions d’hébergement, de restauration, de santé et d’enseignement favorables, et dans le respect des droits de l’homme», a déclaré l’invité de la Chaîne II. Parlant de la «réussite des réformes» de la Justice, le directeur général des établissements pénitentiaires s’est appuyé sur l’avis des experts étrangers (venus de France, d’Italie, d’Espagne et du Canada) et de membres d’organisations internationales telle que la Croix- Rouge. Ils se sont tous montrés satisfaits des efforts fournis par l’Algérie dans ce domaine, notamment dans la couverture santé et le respect des droits du prisonnier et des droits de l’homme au sein des établissements pénitentiaires». Evoquant le «travail d’intérêt général», une peine issue des nouvelles réformes du secteur et introduite dans la loi pénale, Mokhtar Felioune a affirmé qu’elle est déjà mise en application. Il est à rappeler que cette nouvelle «sanction» touche seulement les personnes non récidivistes et dont la peine ne dépasse pas une année de prison ferme. Elle vise, selon lui, à ce que le condamné purge sa peine tout en restant au sein de sa famille et de son entourage. Et d’expliquer qu’à l’issue de son jugement, le concerné aura à choisir entre purger sa peine en prison ou effectuer un travail d’intérêt général, conforme à sa spécialité ou à son domaine d’activité et selon les demandes présentées ultérieurement par les wilayas, les communes, les hôpitaux… Le directeur général de l’Administration pénitentiaire et de réinsertion reprécise le rôle des prisons : «Nous œuvrons à que les établissement pénitentiaires ne soient pas un lieu de punition ou de sanction.» Ainsi, plusieurs organisations et associations nationales participent à concrétiser cette idée, à l’exemple des scouts. Ces derniers ont, selon lui, effectué plusieurs visites dans les différentes prisons du territoire national. «Actuellement, 35 détenus prennent part à un camping organisé par les scouts à Tlemcen. Ils y séjourneront pendant 15 jours sans qu’ils aient aucune surveillance», révèle le responsable de la Justice en précisant que c’est «la cinquième expérience». D’autre part, l’intervenant a indiqué que son administration a entamé une opération de reboisement à laquelle les détenus participent de leur plein gré. «90 hectares ont été plantés dans les wilayas de Naâma et d’El-Beïd», a-t-il dit. Avec la collaboration du ministère de l’Agriculture et de la Direction des forêts, l’administration pénitentiaire projette d’élargir ces «ateliers» à d’autres wilayas au cours de l’année prochaine. Il est à signaler que les détenus qui participent à ces opérations bénéficient de tous les droits stipulés par la loi du travail et perçoivent 10 % du salaire assuré.
R. N.
69 harraga arrêtés en un mois sur la côte oranaise
Les Habibas, les îles de la tentation
Oran. De notre envoyé spécial, El Watan, 18 juillet 2009
Le phénomène de l’immigration clandestine à partir de la côte oranaise prend des proportions inquiétantes. Les tentatives d’aventure à bord d’embarcations de fortune se multiplient. Nos jeunes tentent de quitter le pays. La loi punissant un harraga à six mois de prison ferme ne semble pas tempérer les ardeurs des aventuriers à vouloir rejoindre par mer d’autres cieux. Depuis le début du mois de juin, 14 affaires relatives à l’immigration clandestine ont été traitées par la gendarmerie d’Oran. C’est ce qu’a indiqué le colonel Bidel Aïssa, chef de groupement de la Gendarmerie nationale d’Oran, précisant que ses services ont déjoué, depuis la mise en service du plan Delphine, 3 affaires impliquant 69 personnes dont quatre femmes. Présentés durant la même période devant la cour d’Oran, les mis en cause de sexe masculin ont tous été mis sous mandat de dépôt, alors que les femmes sont passées en citation directe. La dernière affaire de harga remonte à la nuit de samedi dernier lorsque les gardes-côtes avaient intercepté un canot pneumatique à bord duquel avaient pris place 18 aventuriers. L’embarcation a été interceptée à proximité des îles Habibas, près de Aïn El Turck. Ces îles constituent un retranchement pour les candidats à la harga ; la majorité des tentatives d’immigration clandestine a lieu à partir de cet endroit. Ces chiffres traduisent l’ampleur du phénomène qui continue de séduire de nombreux jeunes en quête d’un meilleur avenir.
Ni le dispositif répressif mis en place par les pouvoirs publics ni les campagnes de sensibilisation entreprises par différents acteurs pour endiguer l’émigration clandestine ne semblent dissuader les jeunes à tenter la traversée de la Méditerranée. Et pour cause, les candidats à la harga continuent de monter leur entreprise de « voyage » en cachette. Au dernier amendement du code pénal criminalisant cet acte, les responsables à différents niveaux ont joint des actions de prévention et de sensibilisation sur les dangers à quitter clandestinement le territoire. En dépit de cela, les services de sécurité ne cessent de faire cas d’opérations de repêchage ou de tentatives de traversées avortées par les gardes-côtes. Le bilan national des services impliqués dans la lutte contre ce phénomène fait état de plus de 500 jeunes harraga interceptés sur les côtes algériennes depuis le début de l’année. Combien sont-ils, par contre, ceux qui réussissent à atteindre les côtes italiennes et espagnoles ?
source: Sidi Bel Abbès : Des émeutes éclatent à Sidi Ali Benyoub
El Watan, 28 juillet 2009
Des émeutes ont éclaté dimanche vers minuit à Sidi Ali Benyoub, une localité située à 25 km au sud de la ville de Sidi Bel Abbès.
Selon des citoyens de cette localité, la fronde populaire a pour origine la pollution atmosphérique générée par l’exploitation immodérée des carrières d’agrégats de Sidi Ali Benyoub (ex-Chanzy). Pris en tenaille entre les poussières asphyxiantes des carrières et la vague de chaleur exceptionnelle qui s’abat sur la région, les habitants de cette localité ont investi la rue comme ultime moyen pour exprimer leur désarroi. Des jeunes en colère ont, rapporte-t-on, tenté d’incendier certains édifices publics après avoir barré la route nationale reliant cette localité au chef-lieu de wilaya. Parallèlement, des échauffourées éclatèrent dans plusieurs quartiers entre les forces desécurité et des manifestants qui ont pris pour cible des camionneurs et saccagé des poteaux électriques. Les affrontements nocturnes à Sidi Ali Benyoub, qui se sont poursuivis jusqu’à 4h, ont fait plusieurs blessés, selon une source sécuritaire.
Aussi, des arrestations ont été opérées, hier, dans la matinée pour « apaiser la situation », confie cette même source. La tension, qui a baissé d’un cran dans la journée d’hier, reste, toutefois, très tendue. Il y a lieu de rappeler que les dirigeants de huit carrières d’agrégats dans la commune de Sidi Ali Benyoub ont été sommés en 2007 par les autorités de la wilaya de se conformer à la réglementation en vigueur en ce qui concerne les émissions de poussières. Cependant, la plupart des gérants de ces carrières ne se sont pas pliés à cette exigence qui prévoit notamment la pose de filtres spéciaux au niveau des installations de concassage ainsi que la mise en place d’un système d’aspersion en eau des agrégats au moment du chargement des camions. Qualifiant la situation de véritable « désastre écologique », des associations de sauvegarde de l’environnement avaient tiré la sonnette d’alarme en mai dernier, mettant en garde contre une recrudescence des maladies respiratoires chroniques dans la région.
Par M. Abdelkrim
SUITE À UNE ÉNIÈME COUPURE DE COURANT ÉLECTRIQUE
Des citoyens investissent la rue à Aïn-Naâdja
Le Soir d’Algérie, 29 juillet 2009
Des troubles ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Aïn-Naâdja, suite à une coupure de courant électrique.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Plusieurs jeunes ont dressé des barricades et incendié des pneus au niveau de l’artère principale qui traverse les cités de ce quartier populaire, ainsi que sur la route longeant le siège du Commandement des forces terrestres. En agissant de la sorte, la population de Aïn-Naâdja voulait dénoncer les coupures récurrentes de courant électrique ces dernières semaines. Selon des témoins, les automobilistes qui tentaient d’emprunter ces voies ont été obligés de rebrousser chemin. «Il n’y a eu aucun acte de violence à l’encontre des citoyens. Certains manifestants ont toutefois jeté des pierres contre des voitures de police. Mais durant une grande partie de la nuit, nous n’avons vu aucune présence des forces de l’ordre. La rue était livrée aux habitants du quartier», a indiqué un témoin. Selon lui, les troubles ont pris fin vers 3 heures du matin. Des éléments de la Protection civile sont intervenus par la suite pour éteindre les pneus encore en feu. Hier, les gravats qui ont servi de barricades étaient encore visibles sur les côtés de la chaussée. Notons que cette coupure de courant électrique a au lieu lundi aux environs de 23 heures, pour ne prendre fin que le lendemain matin, vers 10 heures. «C’est une situation intenable que nous vivons depuis le début de l’été. Comment se fait-il que tous les quartiers de la capitale ont de l’électricité et pas nous. La Sonelgaz dit qu’il n’y a pas de délestage ; alors comment expliquer cette situation ?», s’interroge un épicier. Ce dernier affirme avoir été obligé de jeter des produits périssables. «Les yaourts et les glaces ont fini à la poubelle. Je préfère subir une perte financière plutôt que d’être la cause d’une intoxication alimentaire», explique-t-il. Jointe hier au téléphone, une source proche de la Société de distribution de l’électricité et du gaz d’Alger a indiqué que cette coupure était due «à la rupture d’un câble de moyenne tension». «Les équipes techniques de l’unité de Gué-de-Constantine sont intervenues immédiatement après la déclaration de cet incident. Le courant électrique a été rétabli dans des délais relativement courts, au regard des conditions de travail particulièrement difficiles en cette période de canicule», a précisé cette source.
T. H.
Émeutes à la suite d’incendies : Nuit agitée à Tadmaït
El Watan, 26 juillet 2009
Les stigmates des troubles de la veille étaient toujours visibles, hier matin, dans les principales ruelles de la ville de Tadmaït, 17 km à l’ouest de Tizi Ouzou, qui a connu une nuit très agitée.
La cité était, vendredi dernier, tout juste à la tombée de la nuit, le théâtre d’affrontements entre des jeunes manifestants et les éléments des forces de l’ordre. Les heurts se sont poursuivis jusqu’à une heure tardive de la nuit. Tout a commencé, selon des témoignages concordants, au milieu de la journée. Alors que la chaleur avait atteint 45 degrés, des villageois ont, disent-ils, aperçu deux gardes communaux en train de mettre volontairement le feu à des champs d’oliviers sur les hauteurs de Sidi Ali Bounab. A partir de là, les citoyens de ces bourgades se sont mobilisés pour arrêter les deux éléments de la police municipale. Ces derniers ont été passés à tabac par la population, et ce, avant d’être emmenés au siège de l’APC où un grand rassemblement avait été observé par les manifestants qui voulaient remettre les deux gardes communaux aux élus locaux mais pas, insistent-ils, aux services de sécurité. L’arrivée des brigades antiémeute, quelques instants plus tard, a mis le feu aux poudres. La situation a, en un laps de temps, dégénéré. Les manifestants ont lancé des jets de pierre et autres projectiles sur le siège de l’APC qui a été partiellement saccagé.
Les portes en verre et les fenêtres ont volé en éclats. Dès lors, la ville commençait à offrir un visage de désolation. Toutes les artères menant au centre-ville ont été barricadées par des blocs de pierre et des pylônes arrachés ainsi que par des pneus enflammés. Les fumées émanaient de tous les coins de la cité. Il était près de 19h lorsque les manifestants ont commencé à investir la RN12. Celle-ci a été fermée à la circulation pendant plus de deux heures. Ce qui a engendré un grand embouteillage en début de soirée. Vers 21h, alors que la voie publique a été dégagée, les jeunes ont regagné l’esplanade du siège de l’APC. Ils voulaient en découdre avec les éléments de la police. Des affrontements éclatent de nouveau obligeant les forces de l’ordre à utiliser des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Ces derniers ont riposté avec toutes sortes de projectiles et de pierres. « Comment voulez-vous qu’on se taise. Des maisons ont failli, de peu, être brûlées. On a subi des journées infernales avec la chaleur et en plus on fait face à des incendies qui empoisonnent notre quotidien en cette de période de canicule où les conditions de vie sont vraiment difficiles dans notre village. Comment peut-on rester insensibles à ce qui se passe », clame un citoyen de Bouchioua, l’un des hameaux les plus touchés par les incendies du week-end dernier. En effet, les flammes ont ravagé une partie importante de la forêt et des broussailles dans les villages de Sidi Ali Bounab, une région fortement pénalisée par la rudesse du climat. Que ce soit en été ou en hiver, les habitants de ces bourgades, perchées sur les hauteurs de Tadmaït, font face à un véritable calvaire.
Vendredi, les feux de forêt ont fait subir à la population de cette région de durs moments tant les flammes cernaient même les maisons. « On a dû évacuer les habitants et se mobiliser pour apaiser l’intensité des feux et éviter surtout aux flammes d’atteindre nos maisons. Des centaines d’oliviers et des dizaines de ruches sont parties en fumée en une journée », déplore un jeune d’El Maâdi. Pour sa part, le maire de Tadmaït nous a précisé : « Nous avons essayé vainement de calmer les esprits, d’expliquer aux manifestants que l’affaire est du ressort de la justice. Ils ne voulaient pas remettre les deux gardes communaux aux forces de sécurité et voulaient les garder au siège de l’APC », ajoute M. Hammadi, qui a souligné, en outre, que les deux gardes communaux ont été, après leur libération, évacués à l’hôpital, dont l’un est dans un état grave. On a appris également, hier dans l’après-midi, que les propriétaires des champs d’oliveraies auraient déposé plainte contre les deux éléments de la police municipale pour incendie volontaire. Hier, durant toute la journée, le calme est revenu dans la ville de Tadmaït. Une opération de nettoyage des débris provoqués par les émeutes de la veille a été entreprise par les services de la mairie à travers les différentes ruelles de la ville.
Par Hafid Azzouzi
Annaba : Arrestation de 27 harraga
El Watan, 26 juillet 2009
Vingt-sept jeunes émigrés clandestins, dont deux filles et un mineur, ont été interceptés, vendredi après-midi, à bord d’une embarcation de fortune par les éléments du groupement territorial des garde-côtes (GTGC) de la wilaya de Annaba, alors qu’ils tentaient la traversée à destination de la rive européenne.
C’est ce qu’a confirmé Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime principale des garde-côtes de Annaba. Agés entre 17 et 41 ans, ces harraga sont, selon le chef de la station maritime principale, originaires de Annaba, Chlef et Béjaïa. Ils ont appareillé vendredi à 00h30 à partir de la plage de Oued Bakrat, dans la commune de Séraïdi. Leur « felouque » a été aperçue à 13h30 par l’unité semi-rigide d’intervention rapide des garde-côtes n°355. Elle naviguait à 20 milles marins au nord de Ras El Hamra. Ils ont été récupérés à bord de la même unité des garde-côtes de Annaba non sans résistance puisqu’ils ont refusé d’obtempérer à l’ordre des gardes-côtes. Il a fallu appeler du renfort pour pour pouvoir arraisonner leur embarcation artisanale. En effet, quelques moments après, c’est l’unité n°344 qui est venue immédiatement à la rescousse pour embarquer les 27 jeunes infortunés, dont 2 filles venues de Chlef et de Béjaïa. Selon toujours Zaïdi Abdelaziz, l’embarcation et le moteur type Suzuki 40 chevaux ont été saisis à l’arrivée au port de Annaba. Après avoir été auditionnés, ils ont subi une visite médicale par le médecin de la Protection civile. Ils ont été présentés, hier, au procureur de la République du tribunal de Annaba. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, deux jeunes harraga ont été remis à la police judiciaire pour les besoins de l’enquête. Quant au reste, ils ont bénéficié d’une citation directe pour le 19 octobre prochain. Près de 170 candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés au large des côtes annabies, depuis le début du mois de juin dernier, par les patrouilles des garde-côtes.
Par M. F. G.
La surpopulation carcérale entrave la réforme
Le Soir d’Algérie, 25 juillet 2009
Depuis l’application des réformes du secteur de la Justice, les établissements pénitentiaires enregistrent une amélioration dans la prise en charge des détenus. C’est ce qui ressort de l’intervention de Mokhtar Felioune, directeur général de l’Administration pénitentiaire et de réinsertion, jeudi dernier sur les ondes de la Radio Chaîne II.
Rym Nasri - Alger (Le Soir) — L’invité de l’émission «Rencontre de jeudi» a, toutefois, relevé que la surpopulation des prisons entrave la bonne application des réformes. «La surpopulation des prisons concerne les anciens établissements pénitentiaires hérités de la période coloniale. Elle demeure le seul problème à résoudre pour parfaire toutes les réformes du secteur», a déclaré le responsable de la Justice. Pour résoudre ce «point noir», un projet de 81 établissements d’incarcération répondant aux normes internationales est en cours de réalisation. Ce qui permettra, à terme, annonce Mokhtar Felioune, la fermeture de l’ancien parc pénitentiaire. Le projet comporte deux étapes. La première — dite «urgente» — permet de réaliser sur la bande des Hauts Plateaux des établissements à même d’accueillir 19 000 détenus. «La livraison est attendue pour la fin de l’année en cours», a-t-il dit. La seconde étape permettra de construire des prisons en remplacement des anciens établissements. Implantés en dehors des grandes villes, ces nouveaux pénitenciers seront dotés de salles de cours, d’ateliers de formation professionnelle, d’infirmeries ainsi que d’installations sportives. Un grand chantier qui prendra fin au premier semestre 2010 «Notre but est d’assurer de nouvelles infrastructures répondant aux normes internationales afin de permettre aux prisonniers de purger leurs peines dans des conditions d’hébergement, de restauration, de santé et d’enseignement favorables, et dans le respect des droits de l’homme», a déclaré l’invité de la Chaîne II. Parlant de la «réussite des réformes» de la Justice, le directeur général des établissements pénitentiaires s’est appuyé sur l’avis des experts étrangers (venus de France, d’Italie, d’Espagne et du Canada) et de membres d’organisations internationales telle que la Croix- Rouge. Ils se sont tous montrés satisfaits des efforts fournis par l’Algérie dans ce domaine, notamment dans la couverture santé et le respect des droits du prisonnier et des droits de l’homme au sein des établissements pénitentiaires». Evoquant le «travail d’intérêt général», une peine issue des nouvelles réformes du secteur et introduite dans la loi pénale, Mokhtar Felioune a affirmé qu’elle est déjà mise en application. Il est à rappeler que cette nouvelle «sanction» touche seulement les personnes non récidivistes et dont la peine ne dépasse pas une année de prison ferme. Elle vise, selon lui, à ce que le condamné purge sa peine tout en restant au sein de sa famille et de son entourage. Et d’expliquer qu’à l’issue de son jugement, le concerné aura à choisir entre purger sa peine en prison ou effectuer un travail d’intérêt général, conforme à sa spécialité ou à son domaine d’activité et selon les demandes présentées ultérieurement par les wilayas, les communes, les hôpitaux… Le directeur général de l’Administration pénitentiaire et de réinsertion reprécise le rôle des prisons : «Nous œuvrons à que les établissement pénitentiaires ne soient pas un lieu de punition ou de sanction.» Ainsi, plusieurs organisations et associations nationales participent à concrétiser cette idée, à l’exemple des scouts. Ces derniers ont, selon lui, effectué plusieurs visites dans les différentes prisons du territoire national. «Actuellement, 35 détenus prennent part à un camping organisé par les scouts à Tlemcen. Ils y séjourneront pendant 15 jours sans qu’ils aient aucune surveillance», révèle le responsable de la Justice en précisant que c’est «la cinquième expérience». D’autre part, l’intervenant a indiqué que son administration a entamé une opération de reboisement à laquelle les détenus participent de leur plein gré. «90 hectares ont été plantés dans les wilayas de Naâma et d’El-Beïd», a-t-il dit. Avec la collaboration du ministère de l’Agriculture et de la Direction des forêts, l’administration pénitentiaire projette d’élargir ces «ateliers» à d’autres wilayas au cours de l’année prochaine. Il est à signaler que les détenus qui participent à ces opérations bénéficient de tous les droits stipulés par la loi du travail et perçoivent 10 % du salaire assuré.
R. N.
69 harraga arrêtés en un mois sur la côte oranaise
Les Habibas, les îles de la tentation
Oran. De notre envoyé spécial, El Watan, 18 juillet 2009
Le phénomène de l’immigration clandestine à partir de la côte oranaise prend des proportions inquiétantes. Les tentatives d’aventure à bord d’embarcations de fortune se multiplient. Nos jeunes tentent de quitter le pays. La loi punissant un harraga à six mois de prison ferme ne semble pas tempérer les ardeurs des aventuriers à vouloir rejoindre par mer d’autres cieux. Depuis le début du mois de juin, 14 affaires relatives à l’immigration clandestine ont été traitées par la gendarmerie d’Oran. C’est ce qu’a indiqué le colonel Bidel Aïssa, chef de groupement de la Gendarmerie nationale d’Oran, précisant que ses services ont déjoué, depuis la mise en service du plan Delphine, 3 affaires impliquant 69 personnes dont quatre femmes. Présentés durant la même période devant la cour d’Oran, les mis en cause de sexe masculin ont tous été mis sous mandat de dépôt, alors que les femmes sont passées en citation directe. La dernière affaire de harga remonte à la nuit de samedi dernier lorsque les gardes-côtes avaient intercepté un canot pneumatique à bord duquel avaient pris place 18 aventuriers. L’embarcation a été interceptée à proximité des îles Habibas, près de Aïn El Turck. Ces îles constituent un retranchement pour les candidats à la harga ; la majorité des tentatives d’immigration clandestine a lieu à partir de cet endroit. Ces chiffres traduisent l’ampleur du phénomène qui continue de séduire de nombreux jeunes en quête d’un meilleur avenir.
Ni le dispositif répressif mis en place par les pouvoirs publics ni les campagnes de sensibilisation entreprises par différents acteurs pour endiguer l’émigration clandestine ne semblent dissuader les jeunes à tenter la traversée de la Méditerranée. Et pour cause, les candidats à la harga continuent de monter leur entreprise de « voyage » en cachette. Au dernier amendement du code pénal criminalisant cet acte, les responsables à différents niveaux ont joint des actions de prévention et de sensibilisation sur les dangers à quitter clandestinement le territoire. En dépit de cela, les services de sécurité ne cessent de faire cas d’opérations de repêchage ou de tentatives de traversées avortées par les gardes-côtes. Le bilan national des services impliqués dans la lutte contre ce phénomène fait état de plus de 500 jeunes harraga interceptés sur les côtes algériennes depuis le début de l’année. Combien sont-ils, par contre, ceux qui réussissent à atteindre les côtes italiennes et espagnoles ?
source: http://www.algeria-watch.org/francais.htm
Cataluña, España, 1909...
Cataluña, España, 1909: La única iglesia que ilumina es la que arde!
30 juillet 2009
Grèves et actions de grogne se multiplient en Afrique du Sud
En Afrique du Sud, pas d’état de grâce pour le président Jacob Zuma. Il a été élu il y a moins de trois mois sur un programme de lutte contre la pauvreté mais il doit faire face aux grèves et actions de mécontentement qui se multiplient.
La crise n’épargne pas l’Afrique du Sud. Ce pays émergent, avec des taux de croissance élevés ces dernières années est entré en récession. Le taux de chômage est de 23%, l’inflation est à 8%.
Le mois dernier, les ouvriers engagés dans la construction des installations du futur Mundial de foot avaient été les premiers à débrayer. La semaine dernière, ce sont les habitants de plusieurs “townships” qui ont manifesté, parfois violemment, pour dénoncer l’état d’abandon de leurs quartiers, l’insuffisance des services publics d’électricité et de distribution d’eau.
Et les fronts du mécontentement se rejoignent, puisque depuis lundi ce sont les employés municipaux qui sont en grève. Les grèves sont habituelles à cette époque en Afrique du Sud. C’est le moment où patrons et syndicats négocient les nouvelles conventions salariales. Les agents communaux voudraient 15% d’augmentation, leur syndicat doit discuter demain une seconde offre de 13%.
Les mineurs d’or et de charbon voulaient, eux aussi, 15 % d’augmentation. Ils ont finalement accepté des hausses d’environ 10% pour les chercheurs d’or. C’est un souci en moins pour le patronat et pour le gouvernement qui évitent ainsi une grève de 150 000 travailleurs.
Mais la marmite bout: la police a dispersé, ce mardi, à coups de balles de caoutchouc une nouvelle manifestation de mécontentement populaire dans un “township” près de Johannesbourg.
La multiplication des conflits sociaux menace la stabilité de la Chine
Le drame d’un patron tué par ses employés licenciés vendredi 24 juillet illustre la détermination des ouvriers chinois à ne plus se laisser faire face aux injustices
Chen Guojun était arrivé à l’usine dans sa berline noire, entouré de ses cadres. Il se croyait intouchable. Employé du groupe privé pékinois Jianlong Steel, il était pressenti pour prendre la direction de l’usine d’État Tonghua Iron And Steel, basée dans la ville de Tonghua, dans la province de Jilin (nord-est). Sa société, qui détenait jusqu’alors 49 % de l’usine depuis 2005, avait déjà opéré de nombreux licenciements mais n’avait jamais voulu devenir majoritaire en raison de la mauvaise santé financière de l’usine, préférant laisser l’État régler les dépenses courantes.
Pour la première fois depuis des années, elle avait pourtant enregistré des bénéfices en juin, à hauteur de 42,7 millions de yuans (4,3 millions d’euros). « Les employés, dont nombre d’entre eux sont actionnaires, étaient sur le point d’empocher des gains financiers avec la hausse continue du prix de l’acier », a expliqué un policier dénommé Wang au très officiel quotidien chinois de langue anglaise China Daily .
Toute l’usine se mobilise
Retournement de situation le 22 juillet : les ouvriers apprennent que Jianlong Steel a signé le rachat des parts de leur usine et va bientôt en détenir 65 %. Ce mouvement les prive d’une partie de leurs revenus et les place face à une nouvelle direction. Une manifestation s’organise et toute l’usine, soit 30 000 ouvriers, y participe. Ils se plaignent également du salaire de leur futur patron, estimé à 3 millions de yuans (307 000 €) par an, alors que certains ouvriers ne touchent que 200 yuans (20,50 €) par mois.
La future direction accepte de rencontrer leurs représentants vendredi 24 juillet. « Chen a alors annoncé que la plupart d’entre eux seraient licenciés dans trois jours, poursuit le policier. La foule a explosé de colère lorsqu’il annonce que le nombre d’employés serait réduit de 30 000 à 5 000 », leur demandant de reprendre le travail immédiatement… Battu à mort, Chen Guojun mourra le soir même. Trois jours après, le groupe Jianlong Steel annonce l’annulation définitive du rachat de l’usine.
Ce type de violence extrême reste très rare en Chine. Des patrons sont parfois séquestrés en cas de salaires impayés ou lors d’annonce de licenciements massifs, mais pas frappés à mort. Les événements du Jilin illustrent cependant un changement profond de l’attitude des ouvriers vis-à-vis de leurs patrons, les relations n’ayant cessé de se dégrader depuis la fin des années 1990.
30 millions d’ouvriers licenciés par l’Etat
Face aux restructurations de l’intégralité de ses entreprises afin de les rentabiliser, l’État chinois a licencié près de 30 millions d’ouvriers. Les litiges liés au travail se multiplient. Selon l’ONG China Labour Bulletin, basée à Hong Kong, le comité d’arbitrage des contentieux professionnels a accepté 350 000 cas impliquant 650 000 travailleurs en 2007, 693 000 cas pour 1,2 million d’employés en 2008, après l’entrée en vigueur de la loi sur le contrat de travail le 1er août 2008. Les employés n’acceptent plus passivement les diktats de certains de leurs patrons.
Même si dans la majorité des cas, les autorités se rangent du côté des employeurs, les conflits sociaux évoluent et le dialogue change parfois de nature en faveur des ouvriers. Shenzhen, « l’usine du monde », près de Hong Kong, est ainsi devenu un lieu d’expérimentation sociale. « La municipalité cherche à atteindre une certaine harmonie dans la ville en négociant et se montre beaucoup plus tolérante qu’ailleurs en Chine, où les grèves sont souvent violemment réprimées », analyse Geoffrey Crothall, du China Labour Bulletin. En mai 2009, le ministère des ressources humaines et de la sécurité sociale a annoncé de son côté que ses antennes ont aidé 6,98 millions de travailleurs à récupérer 8,33 milliards de yuans (854 millions d’euros) d’arriérés de salaire. Il n’a en revanche pas précisé combien restent impayés.
28 juillet 2009
Municipal workers strike across South Africa
Over 150,000 municipal workers in South Africa have gone on strike in a dispute over paltry pay offers in the face of massive inflation.
In an overwhelming display of unity, over 150,000 workers employed by municipalities and belonging to both South African Municipal Workers' Union (SAMWU) and Independent Municipal and Allied Trade Union (IMATU) across the country rejected the latest wage offer of the employer body, South African Local Government Association-SALGA. SAMWU together with IMATU members have embarked on strike action from Monday 27 July 2009 in all municipalities in every Province of the country.
SAMWU stands by its demands, which are as follows:
Minimum wage of R 5000 for the sector;
Wage increase of 15% or R 2500 whichever is the greater;
70% housing loan assistance of the bond up to R 200 000;
70% housing rental up to R 3000 maximum;
Rejection of multi-year agreement;
Filling of all vacant posts within municipalities; and
No linkages between finalisation of wage curves and our demand for wage increases.
Food inflation over the last year climbed to a staggering 17.9 %, easing off slightly to 13.7% in April. This increase in the price of foods has hit workers’ pockets hard as food is generally a much larger part of what they spend their money on than it is for the middle class. In the context of workers’ receiving a below inflation level increase in the last financial year (effectively taking a 4.5% cut in real wages), the economic crisis, and the cost of basics like food and transport, workers’ demand for a 15% increase is not unreasonable. It must be noted that in reality, workers are not just demanding this increase for themselves, but for the families, neighbours and the many unemployed community members that they support.
The Polokwane resolutions of the ANC committed the government to reducing poverty and inequality in the country. And yet, while workers’ legitimate wage demands are being ignored and denied, local government managers are paying themselves exorbitant salaries – well over a R1 million a year in many cases. It would take a municipal worker, earning the current minimum wage, more than 28 years to earn as much as a municipal manager earns in a year, or a national government Minister pays for a single motor car. Is this just and equitable?
It is misleading and disingenuous for SALGA to claim that municipalities cannot afford this increase, an increase which would go some way to giving workers a decent wage for the important work that they do. It is our members who perform the vital day-to-day work of the municipality, who are out in the field day and night, in the searing heat and drenching rain, fixing broken water pipes, maintaining parks, filling potholes and providing electricity. But their work mostly goes unacknowledged and undervalued.
And yet it is management, with their hugely inflated salaries and outrageous performance bonuses, who are responsible for the sorry state of so many municipalities. The auditor-general, in his recent report on local government finances in the 2007 – 2008 financial year reported that almost half (45%) of all municipalities have engaged in unauthorised, fruitless and wasteful expenditure. How can municipalities engage in this kind of expenditure, but not accede to a decent wage increase? SALGA claims that one of the reasons it cannot afford the wage increase we are demanding is because municipalities are currently owed almost R 54 billion. And yet, 40% of this is owned to the municipalities by national government and businesses – must workers suffer because business and government cannot pay their bills?
We are deeply concerned at the reckless attitude that SALGA is showing towards labour relations in the sector. It is not only in relation to the wage dispute that we are experiencing this, but also in their failure to extend a number of other agreements, such as the disciplinary agreement and the job evaluation agreement. They are also refusing to negotiate picketing rules for this strike. This undermines workers’ right to picket peacefully in support of our demands, and is in contravention of the NEDLAC Code of Good Practice on Picketing.
Marches are happening in all the major centres – Johannesburg, Tshwane, Cape Town, Port Elizabeth, Sol Plaatjie, as well as in many of the smaller municipalities ranging from Bredasdorp, Mossel Bay and Beaufort West. In other municipalities workers are picketing the municipal offices.
Our structures report massive support for the strike, with many services, such as refuse removal, traffic, water maintenance, revenue collection not operating. In many centres, both SAMWU and IMATU members are marching and picketing side by side.
In Johannesburg 10,000 workers marched to Mary Fitzgerald Square where a defiant mood reigned. Salga’s position was rejected whilst the members reaffirmed Samwu’s demand for a 15% wage increase and a housing subsidy based on a R200 000 house.
In Cape Town 3,000 workers marched to the provincial offices of the employers’ organisation, Salga, to hand over a memorandum reasserting the union’s key demands of a living wage of R4000, filling of the 25% vacant posts in the sector and the improvement of the housing benefit.
In Durban 5,000 workers marched and are now picketing workplaces to ensure that no scabs perform the work of the strikers.
Though the actions around the country were conducted in a peaceful and disciplined manner by SAMWU members the union expressed "outrage" at reports of police action against its members in Polokwane, where workers have been shot at and arrested.
http://libcom.org/news/municipal-workers-strike-across-south-africa-28072009
27 juillet 2009
Chine: des salariés enragés par l’annonce de licenciements tuent un patron
Pour la première fois apparemment en Chine, des salariés enragés par l’annonce de leur licenciement pour cause de fusion de leur entreprise ont battu à mort l’un de ses dirigeants et fait annuler le rachat de celle-ci.
Le rachat de l’usine sidérurgique publique Tonghua Iron and Steel, premier producteur de la province de Jilin (nord-est), a été annulé après que son directeur-général a été battu à mort par des employés à qui il venait d’annoncer une vague de licenciements dans le cadre de sa prochaine fusion, a indiqué lundi un responsable gouvernemental.
Si les conflits sociaux sont de plus en plus fréquents en Chine et prennent parfois une tournure violente, il semble que c’est la première fois que des milliers de salariés en colère en viennent à tuer un patron.
“J’ai entendu des cas de patrons sequestrés récemment, mais pas de patrons battus à mort de cette façon (…) à ma connaissance c’est la première fois, en tout cas la première fois que c’est annoncé”, a déclaré Jean-Philippe Béja, du Centre d’études français sur la Chine contemporaine (CEFC) à Hong Kong.
Vendredi dernier, des employés de Tonghua ont battu à mort leur nouveau directeur-général, Chen Guojun, qui venait de menacer de licencier jusqu’à 30.000 salariés, a rapporté lundi le China Daily.
Quelque 3.000 ouvriers ont bloqué la production et s’en sont pris à M. Chen après l’annonce d’un rachat de leur unité par le groupe privé Jianlong.
“Chen a déçu et provoqué les ouvriers en annonçant que la plupart d’entre eux seraient mis au chômage dans les trois jours”, a indiqué le China Daily. “La foule a été saisie de fureur lorsque Chen a fait savoir que le nombre total de travailleurs serait réduit à 5.000″.
Après avoir violemment battu le directeur-général, les employés de Tonghua ont affronté la police et empêché l’ambulance d’accéder à M. Chen. Grièvement blessé, celui-ci a succombé après avoir finalement pu être transporté à l’hôpital dans la soirée.
Contacté lundi par l’AFP, un porte-parole du gouvernement provincial de Jilin a confirmé le décès du patron tout en refusant de fournir des précisions.
“Le gouvernement provincial de Jilin a décidé d’arrêter la fusion”, a indiqué ce responsable, nommé Li. “La police a lancé une enquête sur le meurtre”.
L’agence officielle Chine Nouvelle a expliqué que le rachat avait été annulé “pour empêcher la situation de s’aggraver”.
Dans un communiqué publié lors du week-end, le Centre d’information pour les droits de l’Homme basé à Hong Kong a affirmé que 30.000 ouvriers avaient pris part au mouvement de protestation et que les violences avaient fait une centaine de blessés.
“Je n’ai jamais rien vu de comparable,” a déclaré à l’AFP Geoff Crothall, chercheur au China Labour Bulletin basé à Hong Kong.
“Dans la plupart des cas de privatisations, les employés redoutent d’être licenciés avec des indemnités dérisoires qui ne leur permettront de vivre que quelques années”, dit-il.
Le 15 juin, dans la ville méridionale de Dongguan, un ouvrier d’une compagnie métallurgique avait poignardé à mort deux patrons taiwanais et grièvement blessé un troisième cadre, en raison d’un conflit du travail, devant 200 collègues qui n’étaient pas intervenus.
La Chine recense chaque année des dizaines de milliers “d’incidents de masse”, la dénomination officielle pour les conflits sociaux, émeutes, manifestations souvent déclenchés par des affaires présumées de corruption, ou d’abus de la part de responsables locaux.
26 juillet 2009
Mass rebellion in South Africa
In South Africa the state is being confronted by an eruption of self organised popular protest on a scale not seen since the 1980s. This article, from the mainstream press there, gives a much better overview than the articles in the British press that miss the politics of the rebellion.
DU NOON, Diepsloot, Dinokana, Khayelitsha, KwaZakhele, Masiphumelele, Lindelani, Piet Retief and Samora Machel. We are back, after a brief lull during the election, to road blockades, burnt-out police cars and the whole sorry mess of tear gas, stun grenades and mass arrests. Already this month, a girl has been shot in the head in KwaZakhele, three men have been shot dead in Piet Retief, and a man from Khayelitsha is in a critical condition.
There are many countries where a single death at the hands of the police can tear apart the contract by which the people accept the authority of the state. But this is not Greece. Here the lives of the black poor count for something between very little and nothing. When the fate of protesters killed or wounded by the police makes it into the elite public sphere, they are generally not even named.
The African National Congress (ANC) has responded to the new surge in popular protest with the same patrician incomprehension under Jacob Zuma as it did under Thabo Mbeki. It has not understood that people do not take to the streets against a police force as habitually brutal as ours without good cause. Government statements about the virtues of law and order, empty rhetoric about its willingness to engage, and threats to ensure zero tolerance of “anarchy” only compound the distance between the state and the faction of its people engaged in open rebellion.
Any state confronted with popular defiance has two choices — repression or engagement. If it wishes to avoid shooting its people as an ordinary administrative matter, the first step towards engaging with popular defiance is to understand the dissonance between popular experience and popular morality that puts people at odds with the state.
A key barrier towards elite understanding of the five-year hydra-like urban rebellion is that protests are more or less uniformly labelled as “service delivery protests”. This label is well suited to those elites who are attracted to the technocratic fantasy of a smooth and post-political developmental space in which experts engineer rational development solutions from above. Once all protests are automatically understood to be about a demand for “service delivery” they can be safely understood as a demand for more efficiency from the current development model rather than any kind of challenge to that model. Of course, many protests have been organised around demands for services within the current development paradigm and so there certainly are instances in which the term has value. But the reason why the automatic use of the term “service delivery protest” obscures more than it illuminates is that protests are often a direct challenge to the post-apartheid development model.
Disputes around housing are the chief cause of popular friction with the state. The state tends to reduce the urban crisis, of which the housing shortage is one symptom, to a simple question of a housing backlog and to measure progress via the number of houses or “housing opportunities” it “delivers”. But one of the most common reasons for protests is outright rejection of forced removals from well-located shacks to peripheral housing developments or “transit camps”. Another is the denial or active removal of basic services from shack settlements to persuade people to accept relocation. Moreover, to make its targets for “housing delivery” more manageable, the state often, against its own law and policy, provides houses only for shack owners, resulting in shack renters being illegally left homeless when “development comes”.
It is therefore hardly helpful to assume that protests against forced removals and housing developments that leave people homeless are a demand for more efficient “delivery”. On the contrary, these protests are much more fruitfully understood as a demand for a more inclusive mode of development, in the double sense of including poor people in the cities and of including all poor people in development projects.
If the state actually engaged with any seriousness with the people to whom it has promised to “deliver services”, these kinds of problems could be resolved. But the reality is that the state very often imposes development projects on people without any kind of meaningful engagement. One reason for this is the pressure to meet “delivery targets” quickly — a pressure that was greatly worsened by the ludicrous and dangerously denialist fantasy of former housing minister Lindiwe Sisulu that shacks could be “eradicated by 2014”.
Another reason why the state systematically fails to engage with poor people is that when it does negotiate, it tends to substitute ward councillors and their committees, as well as local branch executive committees of the ANC, for the communities actually affected by development projects. But the fact is that in many wards the councillors and local party elites represent the interests of local elites, who often have very different interests to poor communities. Moreover, it’s entirely typical for these local elites to seize control of key aspects of development projects, such as the awarding of tenders and the allocation of houses, for their own political and pecuniary gain. It is not at all unusual for ward councillors and allied local elites to threaten their grassroots critics with violence. Ward councillors are often able to order the local police to arrest critics on spurious charges.
It is hardly surprising that ward councillors are a key target of popular protests.
Once a community has realised that their local councillor is hostile to their interests, there are often no viable alternatives for engaging with the state. Attempts at making use of official public participation channels generally fail to get any further than a solid wall of bureaucratic contempt in which everyone is permanently in a meeting. Polite demands for attention are frequently responded to as if they were outrageous. Outright contempt of the “know your place” variety is common. In the unlikely event that representatives from a poor community are able to access a politician higher up than their ward councillor, they are most likely to be sent back to their councillor. There is a very real sense in which we have already developed a sort of caste system in which the poor are simply unworthy of engaging with politicians on the basis of equality.
If development was negotiated directly, openly and honestly with the people who it affects rather than with consultants bent on technocratic solutions, and ward councillors bent on personal and political advantage, things would take a little longer but their outcomes would be far more inclusive and far more to people’s liking. If the ANC is serious about democracy, it should aim to subordinate the local state to the inevitably time-consuming, complex and contested mediation of the poor communities that need it most, rather than the often predatory aspirations of local political elites.
The heart of the moral economy behind the protest is a firm conviction that the poor are people who also count in our society. For some, this means that every citizen counts and one way of realising this is by turning on people seen as non-citizens. For others, everyone, documented or not, counts. But for as long as the state, in its actual practices, does not affirm the dignity of poor people by consulting them about their own future and including them in the material development of our collective future, the rebellion will continue.
19 juillet 2009
Corée du Sud : huit semaines de grève chez Ssangyong motor
Au Ssangyong Motors à Pyeongtaek, Corée du Sud (près de Séoul), on en est maintenant à sa huitième semaine de grève, et la situation des grévistes est de plus en plus catastrophique.
L’article ci-dessous rapporte des faits basés sur des relations émanant de travailleurs et d’activistes impliqués dans la lutte.
Pour rappeler brièvement la situation d’ensemble :
Ssangyong Motors est à 51% détenue par la Shanghai Automotive Industry Corporation, société chinoise. En Février l’entreprise fait faillite, propose un plan de restructuration pour obtenir de nouveaux prêts destinés à sortir de la faillite. La cour a approuvé le plan de la faillite, dans l’attente de mises à pied suffisantes pour rendre à nouveau l’entreprise rentable.
Après une série d’actions tout au long du printemps en prévision des licenciements, la grève commence le 27 Mai lorsque la société annonce des suppression d’emploi et la retraite forcée pour 1700 des 7000 travailleurs, sans licenciements supplémentaires de 300 employés occasionnels. Les travailleurs ont immédiatement occupé l’usine, demandant l’annulation des mise à pied, l’arrêt du recours à la sous-traitance et à la précarisation. Le KMWU (Korean Metal Workers Union) a soutenu l’occupation, mais a essayé de canaliser les négations strictement sur la question des licenciements.
À la mi-Juin, environ 1000 travailleurs poursuivent l’occupation, avec leurs épouses et leur familles qui fournissent de la nourriture. Le gouvernement et la société jouent la montre ; en partie en raison d’une crise politique plus large de la droite dure, le gouvernement est hostile à une intervention policière violente ; mais deux semaines plus tard, ils se sont sentis en confiance pour passer à l’offensive. Les travailleurs, pour leur part, se sont armés avec des pinces de fer et des cocktails Molotov.
Les 26 et 27 Juin une sérieuse attaque menée par gouvernement et l’employeur a commencé : avec des briseurs de grèves recrutés pour l’occasion qui, avec l’aide de la police anti-émeute ont essayé d’entrer dans l’usine. Ils ont sécurisé le bâtiment principal, après de violents combats dans lesquels de nombreuses personnes ont été blessées. Les occupants se sont retirés dans l’atelier de peinture, conformément à un plan de défense fondé sur la conviction que la police ne lancerait pas des grenades lacrymogènes dans une zone hautement inflammable. (En Janvier, cinq personnes sont mortes à Séoul, dans un incendie au cours d’un affrontement avec la police, suscitant l’indignation générale).
Le lendemain, la société a fait une déclaration affirmant qu’il y avait eu assez de la violence, mais en réalité, c’est la résistance tenace des travailleurs qui a fait que la police et les milices ont été retirées. La société a exhorté le gouvernement à intervenir directement dans les négations. Tout approvisionnement en eau de l’usine a cependant été coupée à la fin de Juin.
Suite à une ordonnance du tribunal, les forces de répression ont frappé à nouveau le 11 Juillet lorsque la police anti-émeute a voulu de nouveau s’emparer de l’usine, à l’exception du secteur de la peinture, et a cerné la totalité du site.
Depuis l’attaque des 26-27 visant à isoler la lutte de Ssangyong et à briser la grève, les actions de solidarité à l’extérieur de l’usine ont tenté de s’élargir. Il s’agit notamment d’une campagne menée dans les rues, notamment par les organisations familiales, dans le centre de Séoul et dans la zone de Pyeongtaek, de 4 heures de grève générale appelées par le KMWU au cours de laquelle les métallurgistes se sont regroupés en face de l’usine Ssangyong ; les 4 et 11 Juillet la KCTU (Korean Confederation of Trade Unions) a appelé nationalement à des rassemblements pour appuyer la lutte du Ssangyong. Un appel qui a été peu suivi ce qui a fait que le syndicat a hésité à appeler à une grève générale au lendemain des attaques contre l’usine. Beaucoup de militants pensent que les dirigeant de KMWU et de KCTU sont davantage préoccupés par prochaines élections syndicales.
927 activistes ont également fait une journée de grève de la faim dans le centre de Séoul, le 11 Juillet. (D’après mon expérience, en Corée Au cours des quatre dernières années, ces actions sont un rituel qui influence rarement le résultat d’un combat.)
Enfin, le 16 Juillet 3000 membres de KMWU se sont réunis pour soutenir la grève Ssangyong en face de l’Hôtel de Ville Pyeongtaek. Quand ils ont essayé de se rendre à l’usine après le meeting, ils ont été bloqués par la police et 82 travailleurs ont été arrêtés sur place.
Dans l’ensemble, les chances d’une généralisation de la lutte à d’autres usines est peu probable. Beaucoup de militants « activistes » ont le sentiment que même si le KMWU appelait à une grève générale, elle ne serait suivie que dans un faible nombre de lieux. Les travailleurs de l’automobile Hyundai sont eux-mêmes en pleines négociations salariales. De nombreuses usines semblables ont déjà subi un « ajustement structurel » et ne sont plus susceptibles de se mobiliser.
Loren Golner
samedi 18 juillet 2009
18 juillet 2009
Brutalidad y Muerte: La Cara Universal del Capitalismo
El viernes 5 de junio el Capitalismo dejo sentir una vez más su forma más cruda de control social.
En Bagua, hasta el momento (según cifras dizque “oficiales”) han sido asesinad@s 25 indígenas, 25 oprimid@s, 25 más que se sumás a l@s miles y miles que en todas partes del mundo han sido asesinados, a balas, de hambre, de cansancio, de miedo.
Esto fue el producto del enfrentamiento del proletariado de Bagua contra el brazo armado del capital. Esta demás decir que todo el espectáculo mesiánico que se divulga en la prensa “oficial” no es más que pura exageración y satanización hacia el proletariado de Bagua.
Esto deja sentado una vez más que toda la culpa recae sobre el Capitalismo, su sistema y sus gobiernos. En su propia deficiencia ante las necesidades humanas. NADA ESTA MAS CONTRADICHO QUE CAPITALISMO Y HUMANIDAD y estos hechos lo demuestran más que explícitamente.
Estan intentando buscar a un culpable publico y no encuentran otro mejor que el autoproclamado dirigente del AIDESEP: Alberto Pizango. No abogamos por este tipo, pues ni este ni ningún otro burgués (Evo, Humala, Chavez) hablan en serio cuando hacen sus mediocres llamados al levantamiento, esto no estaba en sus planes, así que esta acción radical solo responde a la inconformidad desbordada de l@s miles de oprimid@s que esa madrugada salieron a enfrentar a las fuerzas represivas, hart@s de las eternas injusticias de la cual han sido y son victimas.
Ahora no nos dejemos engañar por toda la fauna oportunista disfrazada de “defensores del pueblo” que saldrán a querer colgarse de la muerte de est@s herman@s de Bagua, persiguiendo intereses personales y burgueses (candidaturas, protagonismo, dinero) pues un claro ejemplo fue lo sucedido en Ica.
¡COMO VA A SOLUCIONAR EL GOBIERNOS TU PROBLEMA, SI EL GOBIERNO ES EL PROBLEMA!
¡LA EMANCIPACION DE L@S OPRIMID@S DEL MUNDO SERA LA OBRA DE TOD@S L@S OPRIMID@S DEL MUNDO!
--
ANARCOPUNKS CONTRA EL CAPITALISMO
ACCIÓN Y RESISTENCIA ANARCOPUNK
Organización Anarcopunk de Lima
http://anarcopunk.org/orgaplima/?p=196
SIEMPRE NOS HAN DESTILADO MUERTE: ES LA CARA UNIVERSAL DEL CAPITALISMO
Miércoles, Junio 17th, 2009
“La violencia no es anónima, tiene nombre y dirección”
B. Brecht
“El Estado llama ley a su violencia y crimen al de los individuos”.
Max Stirner
Ayer como hoy la puesta escénica de la represión del Estado y del capital no deslumbra a nadie, y relucen vistosamente a sus anchas.
Y es que las necesidades del capitalismo articulado universalmente, la prepotencia y soberbia de la burguesía y sus aparatos armados ( no es para sorprendernos), irán de tierra en tierra buscando mercados, recursos naturales y humanos, instaurando el terror y sumando nuevos Cadáveres a la larga lista de asesinados a balas, de hambre, en el trabajo, de cansancio, de miedo.
El 5 de junio Bagua fue el lugar “protagónico” de esta ferocidad, y vino a confirmar lo que decimos. Ha sido hoy por hoy uno de los tantos intentos de reapropiación del capital para devastar los recursos forestales valorizando su mercado en prejuicio de los oprimidos que habitan en el.
Pero el proletariado en lucha de Bagua sabe muy bien esto, y sobrepasan los juegos democráticos, saben que la mejor defensa es la ofensiva. Su lucha es la nuestra y nos solidarizamos con ella, pues forma parte de la comunidad de lucha mundial contra la bestia capitalista. Su resistencia a la sumisión es la nuestra y de todos los oprimidos del mundo. Pero si nuestra lucha no contiene un proyecto mayor que supere el orden existente, volverán a cagarse en nuestros hombros y la agudización de la crisis universal del capital nos reventara primero contra nosotros, sin piedad (como siempre) ¿Dudas de ello?.
CAPITALISMO Y HUMANIDAD son antagónicos, y la historia de la lucha de nuestros compañeros contra nuestros enemigos de clase son ejemplos claros y actualmente vivos.
Ya no nos engañamos por todos los oportunistas de siempre que se suben al carro y aprovechan tal situación sobre nuestros muertos, y proclaman su apoyo y representatividad, simplemente persiguiendo intereses burgueses (partidistas, electoreros, dinero).
Los compañeros en Bagua con sus limitaciones dan el coraje para seguir en lucha. Su lucha demuestra una cosa: que resurge y se generaliza la lucha entre clases, que ha escala mundial se hace inocultable y que más temprano que tarde nos tocara tomar parte en el desarrollo de nuestra autoliberación como clase oprimida.
¡CONTRA EL ESTADO Y EL CAPITALISMO!
¡LA EMANCIPACIÓN DE LOS OPRIMIDOS SERÁ OBRA DE LOS OPRIMIDOS MISMOS, O NO SERÁ!
¡POR LA AUTOORGANIZACION Y AUTONOMIA DE LOS OPRIMIDOS EN LUCHA!
Anarquistas de Lima
Jóvenes Proletarios
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Volante repartido por Anarquistas de Lima y Jóvenes Proletarios durante la movilización del 11 de junio en lima-”perú”.
http://anarcopunk.org/orgaplima/?p=213
17 juillet 2009
Para luchar contra el capitalismo hay que luchar contra el sindicalismo: ¡contra el espectáculo sindical del primero de mayo!
Este primero de mayo, como tradicionalmente ocurre, las calles verán pasar sobre ellas a miles, a millones de explotados de todo el mundo. Por desgracia también, veremos como la gran mayoría de ellos no recorren las calles agrupados como clase, sino como meros individuos alienados, como actores secundarios en la farsa montada por los sindicatos.
Una vez más, veremos como lo que predomina no será la autonomía proletaria, la afirmación del proletariado como sujeto revolucionario que lucha por destruir al Estado y la propiedad privada, por negar su propia condición como clase, aboliendo al sistema de clases. Muy por el contrario, de lo que tendremos que ser testigos es del espectáculo sindical y su tradicional fiesta anual en la que nos llama a conmemorar el trabajo, es decir, a glorificar esa mercancía que tenemos que poner en venta a los capitalistas para poder pseudo-vivir en este sistema, a celebrar nuestra propia condición de explotados, de oprimidos, de seres incapaces de controlar nuestras propias vidas hoy subordinadas a los intereses y las necesidades del capital.
Veremos a sindicalistas e izquierdistas de todo tipo hablarnos por igual de luchar por "salarios dignos" [1], como si el ser asalariado, como si el poner nuestra fuerza de trabajo a disposición de las necesidades inhumanas del capital pudiera ser algo digno. Les veremos hablar de luchar por una "distribución justa de la riqueza", como si el capitalismo no fuera precisamente la consagración de la desigualdad y del robo legalizado de la burguesía al proletariado.
Pero como la crisis capitalista amenaza con barrerlo todo, y como las condiciones de vida de los proletarios son cada vez más alarmantes y la desesperación está haciendo surgir por distintos puntos del globo luchas que se salen del control de los aparatos sindicales (como en Grecia), los sindicatos han tomado cartas en el asunto, por ello lo que veremos este año no será sólo fiesta y carnaval y las tradicionales procesiones cuasi-religiosas, sino también discursos más "combativos" y "radicales" por parte de los sindicalistas para mantener el encuadramiento de las luchas proletarias, para prevenir brotes de rebeldía contra estas estructuras de control y de boicot que son los sindicatos.
La realidad es que por más "combativos" que sean sus discursos, el sindicato no tiene una contradicción con el capital, porque su estructura y sus miembros se alimentan de la propia explotación capitalista al expropiar a los proletarios una parte de sus salarios vía cuotas sindicales, porque se ven beneficiados con una parte de la tasa de ganancia capitalista, porque en resumen forman parte esencial de la democracia, de la dictadura del capital.
Los sindicatos y la izquierda del capital podrán convocarnos a enfrentar tal o cual política de alguno u otro empresario o gobierno en particular, pero nunca a enfrentar al sistema capitalista en general, a sus bases, a sus raíces mismas, porque toda iniciativa que surja de esas estructuras de control intentará siempre, invariablemente, reconciliar al proletariado con el capital, o lo que es lo mismo, a los explotados con sus explotadores, a las victimas con sus victimarios.
Este será otro año más en que los sindicalistas de todo pelaje nos digan que es necesario celebrar el trabajo, visto éste desde la cosmovisión burguesa de esos personajes como actividad digna de ser celebrada, como acción por la cual nos debiésemos sentir orgullosos de realizar. Y si intentan hacernos sentir tal orgullo es porque ven en esa actividad el elemento más indispensable para la reproducción de la sociedad de clases, para el buen funcionamiento de la sociedad mercantil de la cual se ven beneficiados como burócratas profesionales administradores de la venta de esa mercancía tan indispensable para el capital llamada trabajo.
El trabajo [2] (la actividad alienada, opresiva y explotada) no está en contradicción con el capital sino en complemento con el mismo, son dos elementos indispensables para que pueda funcionar el capitalismo como sistema, por tanto, lo que está en contradicción con este sistema no es el trabajo, sino la actividad humana, la cual sólo puede desplegarse en un sociedad libre (libre humana, no mercantilmente), que dirija sus fuerzas, conocimientos y energías a la producción de bienestar y placer verdaderamente humano.
No veremos, por supuesto, que desde la estructura sindical se intente clarificar el verdadero sentido de esos conceptos burgueses que tanto se encargan de ensalzar, pues los partidos y los sindicatos, tienen por objetivo inherente a su propia existencia el que los proletarios afirmemos y no que acabemos con nuestra explotación.
En lugar de ser herramientas que ayuden a construir la unidad y la autonomía del proletariado, esos aparatos de control son los principales obstáculos para la realización de tales objetivos, por eso es que siempre nos invitarán a defender causas que oxigenan al capital, que le dan vida, como ya hacen un sinnúmero de organizaciones sindicales y partidistas en México (UNT, FSM, SME, PRD, etc.) al llamarnos a defender a la mega-mafia organizada que es el sindicato minero. Este sindicato viene utilizando como carne de cañón a los mineros, a quienes utiliza y los pone al frente para que sean ellos quienes reciban la represión del Estado, con el fin de defender y tratar de liberar al jefe de esta mafia (una mafia tan burguesa y enemiga del proletariado como lo es la del Estado y los asesinos dueños de la mina), el heredero del trono sindical Napoleón Gómez Urrutia, claro está, todo esto encubierto con el discurso de la "autonomía y la democracia sindical" y la defensa de las condiciones laborales y de vida de los trabajadores.
Todas las estructuras del capital, son un obstáculo para la constitución del proletariado en clase revolucionaria mundial, por ello nos hablan de la supuesta necesidad de defender la economía y la soberanía del país y las empresas nacionales. El sindicato no puede negar consecuentemente el nacionalismo (arma ideológica de nuestros explotadores) porque finalmente su lógica y su propia existencia están irremediablemente condicionadas por la vida y la existencia misma del Estado-nación.
La única alternativa real para que los proletarios podamos enfrentar la explotación capitalista es organizar la lucha contra este sistema asesino e inhumano directamente, por fuera y en contra de todas las estructuras e instituciones burguesas. Para esto es necesario levantar la voz y combatir abiertamente la falsa idea de que "la lucha sindical es igual a lucha proletaria", idea con la cual pretenden hacernos creer la también falsa concepción de que el sindicato son los trabajadores afiliados al mismo, y no una estructura especifica jerárquica con una lógica basada (aunque sea un "sindicato de base") en la división burguesa de dirigentes/dirigidos, y que no puede, aunque lo quisiera, ir más allá de tratar (en el mejor de los casos) de mitigar un poco la explotación, pero siempre dejándola en pie.
¡Contra el capitalismo, sus defensores y sus falsos críticos!
¡Por el comunismo, por la anarquía!
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Notas
1. El proletariado tiene la necesidad vital de luchar por tratar de mejorar, aunque sea relativamente, sus condiciones de vida dentro del capitalismo, por tanto las luchas por aumentos salariales son naturales y necesarias para nuestra clase, sin embargo, hay una gran diferencia entre reconocer la necesidad de luchas parciales y el hablar de “salario digno”, concepto que sirve a los sindicatos precisamente para tratar de ocultar la necesidad que tienen los proletarios de destruir al capitalismo, y por tanto el sistema de esclavitud asalariada, y se intenta vender la idea de que el salario puede ser algo digno u otorgar dignidad a quien lo recibe.
2. El origen etimológico de la palabra “trabajo” proviene del latín “tripalium” (tres palos). El tripalium era un instrumento de tortura construido con tres (tri) palos (palium) en donde se amarraba a los esclavos para azotarlos. Tripalium derivó inicialmente en “tripaliare” (torturar) y, posteriormente, en “trebajo” (esfuerzo, sufrimiento, sacrificio). Trebajo finalmente evolucionó hacia trabajo. Lo mismo ocurrió en francés, lengua en la cual tripalium derivó en travail (trabajo). Fuente: http://www.elcastellano.org/palabra.php?q=trabajo
- Grupo Socialista Libertario
- Combate Libertario
Mayo 2009.
06 juillet 2009
Perú: cronología de luchas proletarias
Perú: cronología de luchas proletarias
Desde hace ya varios años, el capitalismo busca insaciablemente integrar vastas zonas de la selva amazónica para la producción de petróleo, minerales, gas y madera. Con el aumento del valor de esas mercancías, esta búsqueda se ha vuelto más feroz, implacable y despiadada.
Ello implica: contaminación de los recursos naturales, desforestación,… destrucción de lo que se llama el pulmón del planeta, contaminación y desposesión de tierras y medios de subsistencia del proletariado en esas zonas,… La catástrofe que esto conlleva para la misma existencia de nuestra Tierra, es claramente resentida por amplios sectores del proletariado que entran en lucha contra el capital, que se oponen a la catástrofe destructora de nuestra Tierra.
Un ejemplo de ello fueron los últimos enfrentamientos de clase en el Estado Peruano; enfrentamientos que abarcaron no solamente la región amazónica (selva peruana), sino también la sierra y la costa, el campo y la ciudad, los centros productivos, … y en los que los mismos protagonistas declaraban luchar por la vida.
Desde el 2008 los numerosos paros, bloqueos de carreteras estratégicas, puertos fluviales y actividades productivas petroleras y gasíferas, manifestaciones y concentraciones en numerosas ciudades,… se dieron contra la brutal y catastrófica desposesión de la Tierra que conllevaba los tratados firmados por el gobierno presidido por Alan García (líder del APRA, Alianza Popular Revolucionaria Americana, partido miembro de la Internacional Socialista). Estos tratados disponían, principalmente, toda una serie de dispositivos para ceder terrenos e intensificar la explotación de la minería en la sierra y la extracción de hidrocarburos en la selva. Así, 63 millones de hectáreas de la Amazonía Peruana debían ser atribuidas a grandes propietarios y la propiedad del agua entregada a grandes empresas como las empresas mineras. Según Alan García esas "tierras ociosas porque el dueño no tiene formación ni recursos económicos, por tanto su propiedad es aparente" tienen que ser explotadas "Hay millones de hectáreas para madera que están ociosas, otros millones de hectáreas que las comunidades y asociaciones no han cultivado ni cultivarán, además cientos de depósitos minerales que no se pueden trabajar y millones de hectáreas de mar a los que no entran jamás la maricultura y la producción. Los ríos que bajan a uno y otro lado de la cordillera son una fortuna que se va al mar sin producir energía eléctrica",
En abril del 2009 el movimiento da un salto cualitativo. Hartos de las diferentes delegaciones, que intentaban establecer un diálogo con el Presidente, y de los negociadores que buscaban una solución pacífica a los conflictos, y con la clara conciencia que la lucha por la Tierra (da mucha alegria constatar la no separación que hacen los luchadores entre lo regional y la totalidad, entre “su” tierra y la Tierra y la Vida) solo se gana por el enfrentamiento de clase, la acción directa, los proletarios en lucha rompen los atavismos de las negociaciones, delegaciones,..: se cortan y toman rutas, ductos de gas y petróleo, paros regionales, y otras luchas reaparecen esta vez con más decisión y ruptura con sus falsos “amigos”.. La carretera Fernando Belaúnde (lugar estratégico de circulación de mercancías) fue bloqueada y más de 3600 proletarios toman el estrecho, vital para la circulación, de Curva del Diablo (que une la selva con la costa norte y se encuentra cerca de la localidad de Bagua, entre la provincia del mismo nombre y la de Utucubamba) se sitúan estratégicamente en una zona difícil, muy bien organizados y dispuestos a no moverse hasta obtener avances concretos en la solución a sus demandas Se organizan Comités de Lucha.
Propietarios industriales, exportadores, y capitalistas en general, desesperados por sus pérdidas de beneficio, exigen al gobierno “aplicar ley” para liberar carreteras y ductos en la Amazonia. Para la burguesía y su estado, era imprescindible desalojar y pacificar las regiones selváticas (que llevaban 57 días de enfrentamiento) de los departamentos de Cusco, Loreto, San Martín y Ucayali, y evitar a todo precio la extensión del conflicto. Para ello había que atacar aquella zona en donde el conflicto se radicalizaba, aquella que era el corazón latiente de las luchas (la zona de Bagua, Jaen, … el noreste del Amazonas).
El 5 de junio, Día Mundial del Medio Ambiente, el gobierno de Alán Garcia desplegó diversos contingentes policiales para desalojar a los proletarios de la carretera Fernando Belaúnde Terry y tomar la estación petrolera 6 de PetroPerú. Así a las seis de la mañana del viernes 5 de junio la DINOES (Dirección Nacional de Operaciones Especiales) entra en acción: tres helicópteros MI-17 de la base de la Policía Nacional en El Milagro, sobrevolaron la Curva del Diablo, que estaba totalmente ocupada y paralizada desde hacía diez días. Lanzaron gases lacrimógenos (aunque otras versiones dicen que además dispararon metralletas) mientras que simultánea un grupo de agentes arremetió en tierra disparando con sus fusiles AKM. Así comienza el desalojo de Curva del Diablo, en donde se producen enfrentamientos sangrientos. Según ciertos testigos del desalojo, “los indígenas se enfrentaron cuerpo a cuerpo con efectivos policiales logrando arrebatarles sus armas o hiriéndoles con machetes y lanzas”, sin embargo la masacre que los perros guardianes del capital atestaron a los luchadores fue inestimable.
Las informaciones llegaron rápidamente a otros sectores del proletariado en lucha, el desalojo de la Curva del Diablo había producido el asesinato de sus hermanos de clase, y al llamado ‘¡Hay que matarlos como ellos mataron a nuestros hermanos!’ el proletariado en esa zona responde, desarmando a las fuerzas del orden que podían capturar, disparando y atacando con sus lanzas, flechas, y armas incautadas,….
En la estación 6 de la empresa petrolera PetroPerú, los luchadores tomaron como rehenes a un grupo de 38 policías y a un ingeniero e intentan incendiar el oleoducto petrolero Cuando se confirman las masacres policiales, se da la orden de acabar con los efectivos policiales tomados como rehenes.
En Bagua, nuestra clase ataca los locales de las instituciones estatales: se incendia el local del Partido Aprista Peruano, se toma el local de COFOPRI, la gobernación de Bagua, el local del PRONAA, establecimientos policiales,… Asimismo, los proletarios se organizan contra los desalojos, aumentan los saqueos,… y soldados (que hacían su servio en los cuarteles de la región) desertaron, aportando sus armas de fuego, para “ayudar a los suyos”.
“Los hermanos amazónicos se defendieron con lanzas y flechas; luego usaron las armas arrebatadas a los agresores. La ira hizo que tomaran una instalación petrolera en la que capturaron a un grupo de policías a quienes condujeron a la selva, ajusticiaron a algunos de ellos. La población mestiza urbana de Bagua indignada por la masacre asaltó el local del APRA, el partido de gobierno y oficinas públicas, quemando sus vehículos. La policía asesinó a varios pobladores, entre ellos niños. El gobierno decretó suspensión de garantías y toque de queda a partir de las 3 p.m” afirma un testigo.
Toda la región amazónica fue militarizada y se impuso la ley marcial.
Pese a la ley marcial, a los llamados de serenidad, de seguir la lucha pacífica,… lo que se llamó “protesta irracional” (y que claramente lo era, pues negaba la racionalidad del estado, de su democracia, de sus leyes, de su ciudadanismo, de sus delegaciones, de sus negociaciones parlamentaristas,…), no se apaciguó. Todo lo contrario, el movimiento, que comenzaba a tomar cariz insurrecionalista, se generalizó.
El bloqueo de carreteras continuó, como la paralización de puertos fluviales y oleoductos.
El 7 de junio se toma el aeropuerto de Trompeteros (Provincia Taten del Marañón, en la zona nororiental de Perú) y el Lote 8, en la zona selvática, cuya concesión está a cargo de la firma argentina Pluspetrol.
En Puno se intenta tomar la Gobernación de Puno y se paraliza un puerto fluvial.
El puerto fluvial de La Ramada, uno de los más importantes de la Amazonia, fue totalmente paralizado por la ocupación de proletarios.
También se reportaron marchas, bloqueos y plantones de edificios públicos en las localidades de Chimu de la vía Puno-Desaguadero, Ilave (también en la ruta binacional), Chejoña, Yanamayo, Juliaca, Melgar, Ayaviri, Sicuane y Huancané, todas en la zona altiplánica
Se decreta un paro nacional indefinido, se paralizan múltiples ciudades y centros productivos, y las movilizaciones contra la represión, contra la expropiación de las tierras amazónicas, y por el castigo y sanción del presidente, Alan García, fueron masivas.
Se decreta Jornada Nacional de Solidaridad para el jueves 11
En Lima, capital del Perú, se llama a una marcha de protesta. Pese a la presencia de casi 3 mil efectivos policiales, la participación de amplios sectores del proletariado fue masiva. Cabe subrayar la participación de un contingente de la Federación Nacional de Policías del Perú, que enarbolaba su rechazó a participar en la represión. Los manifestantes responden a esta ruptura de los soldados con la institución gritando “el pueblo uniformado también es explotado”.
La CGTP (Confederación General de Trabajadores del Perú), que también encabezaba dicha marcha, quiso imponerle los límites propios al orden capitalista, pero los manifestantes rompieron esas limitaciones y decidieron obedecer a sus propios objetivos de clase: llegar al Congreso y al Palacio de Gobierno. Y a los gritos de "la selva no se vende, la selva se defiende", se dirigieron a esos objetivos.
Como es propio a todos los servicios del orden del capital, es decir cuando los perros sindicales no pueden contener la lucha proletaria son los perros vestidos de uniforme que entran en acción, diferentes contingentes de la policía custodian los lugares claves que el proletariado pretende atacar. Así se producen diversos enfrentamientos verbales y físicos, las calles de la capital son ocupadas por varias horas, se ataca la sede del Ministerio Público, la manifestación logra alcanzar la plaza San Martín (uno de los centros urbanísticos claves, muy cercano a las instituciones centrales del Estado), la Plaza Francia, en donde organizan mítines para coordinara acciones (entre ellas el dirigirse hacia el Ministerio de Defensa y el local del partido Aprista)
En Arequipa, se bloquea la carretera Panamericana, en Puno se paralizó actividades productivas y se atacó la sede del partido Aprista.
En Tarapoto (San Martín), donde pese a las medidas represivas, el recorte de las garantías constitucionales, y la imposición del Estado de Emergencia y toque de queda, la manifestación de protesta fue multitudinaria y se bloquea la carretera de Yurimaguas.
En, Iquitos (Loreto), la paralización de las actividades productivas fue casi total y ningún negocio abrió sus puertas.
En Loreto y Pucallpa se bloquean carreteras y puertos fluviales.
En el departamento de Loreto extremo nororiental, y Pucallpa, en el oriental Ucayali se bloquearon carreteras y puertos fluviales.
Un acceso del río Tamaya fue ocupado, impidiendo así el paso de embarcaciones que navegan el rio Ucayali (entrecruzada estratégica).
En Piura, Chiclayo, Tarapoto, Pucallpa, Cusco, Moquegua y muchas otras ciudades se dieron manifestaciones que concentraron a miles de proletarios. En Cusco se paralizan sectores ligados a la actividad turística. El local de Aduanas del distrito de Sicuani, departamento del Cusco, fue incendiado y la carretera que conduce a la ciudad de Andahuaylas fue bloqueada..
A nivel internacional, también se dieron diversas acciones de protesta frente a las embajadas y consulados peruanos: Nueva York, los Ángeles, Madrid, Barcelona, Paris, Grecia, Montreal, Costa Rica, Bélgica,…
Desde el Uruguay, en una concentración frente a la embajada peruana, los manifestantes afirman. “No son sólo “400.000 indígenas” como Ud. ha dicho (se refieren a Alan García)- quienes están en esta lucha por la defensa de sus territorios y bienes naturales; millones de personas en el continente y en todo el mundo apoyamos su lucha y decimos con ellos: “¡La selva no se vende (ni la tierra, ni el agua): la selva se defiende”
Grupo Comunista Internacionalista (GCI)
12 juin 2009
Port autonome d’Abidjan : Grèves et violences paralysent les activités
Il est 10h, ce mercredi 9 juin 2009. Tous les véhicules qui descendent du pont Félix Houphouët-Boigny dévient à gauche. Ils ne peuvent pas emprunter la voie menant au siège du Port autonome d’Abidjan. La raison, un impressionnant cordon de Crs bloque le passage, devant une barrière dressée à l’occasion, au niveau du nouveau moulin en construction. Les piétons sont filtrés. Cette atmosphère achève d’instruire immédiatement le visiteur sur la situation délétère qui prévaut actuellement au port. ça ne va pas !
Voilà plus de dix jours que le Collectif national des dockers et dockers transit pour la défense de leurs droits (Cndd) mène une grève. Le plus grave, c’est que ce mouvement de grève se caractérise par des actes de violence menés par les grévistes. Le directeur général du Syndicat des entrepreneurs de manutention et de transit des ports de Côte d’Ivoire (Sempa), utilisateurs des dockers, dénombre une quarantaine de blessés parmi les dockers qui ont osé reprendre le travail. Voilà donc qui justifie les mesures de sécurité exceptionnelles prises par l’autorité portuaire.
Conséquences prévisibles de ce mouvement de grève, les activités de manutention sont sérieusement mises à mal. Les espaces portuaires sont engorgés. Des armateurs et consignataires menacent d’annuler les escales de leurs navires au Port autonome d’Abidjan… Il y a donc menace sur l’économie tout entière. C’est en tout cas ce que redoute l’autorité portuaire. Elle craint, entre autres, une asphyxie des entreprises nationales du fait de leur non approvisionnement, des risques de pénuries de denrées de première nécessité tant pour les populations nationales que celles de l’hinterland, et une baisse de recettes pour l’Etat.
Que ce soit du côté de la direction générale du Port autonome d’Abidjan ou de la structure patronale, employeuse des dockers, tout le monde note que c’est depuis la création du Cndd, le 14 juin 2007 que la quiétude n’est plus de remise dans le milieu de la main-d’œuvre dockers. Avec en prime… trois grèves déjà initiées par le mouvement en deux ans.
A l’origine des débrayages, une kyrielle de revendications. A savoir, la revalorisation des salaires et des catégories professionnelles, la révision de la convention de travail liant le Sempa aux dockers, la suspension de l’auto-assurance maladie, la fixation de la date de la tenue des élections des délégués du personnel, le respect des libertés syndicales, la fourniture en équipements de protection aux agents et la réintégration avec mesures d’accompagnement des syndicalistes licenciés pour faits de grève. Les violences de la première grève avaient amené le Bureau de la main-d’œuvre dockers du Sempa (Sempa-Bmod) à licencier 12 agents. Les différentes discussions arbitrées successivement par le ministre de l’Emploi et de la Fonction publique, le ministre des Transports et celui de l’Intérieur ont abouti, le 10 mai dernier, à la signature d’un protocole d’accord entre le Sempa et le Cndd. Grand moment ce jour-là quand les deux parties ont pris l’engagement devant le ministre Désiré Tagro d’enfourcher définitivement le cheval de la paix.
Ce protocole d’accord, comme l’explique le Sempa, a permis la réintégration des dockers licenciés, l’organisation des élections des délégués du personnel, la revalorisation de la prime de transport de 25 mille francs à 27500 francs à Abidjan, l’instauration de primes de rendement, etc.
Alors que l’employeur s’attendait à ce que les dockers recommencent à honorer les cadences normales de travail qui sont de 1500 à 2000 tonnes par jour, ils atteignaient difficilement les 500 tonnes. Et plus grave, contre toute attente, note la direction générale du port, les dockers ont arrêté le travail, le 2 juin. Cela, «sans préavis», ajoute le Sempa.
Selon cette structure, le Cndd n’a jusque-là pas reconnu la paternité de cette grève. Toujours est-il que pour sortir de l’étau, le Sempa a proposé dans le cadre des rencontres permanentes qu’un nouveau recrutement soit fait. C’est ce qui a été fait le 4 juin avec l’inscription de 3000 jeunes pour assurer un service minimum en attendant que des solutions durables soient trouvées. Auparavant, l’on avait pris soin d’inviter les grévistes à la reprise du travail ; en vain.
Qu’à cela ne tienne, le Sempa dit rester ouvert au dialogue. Il invite les dockers désireux de reprendre le travail, à se rendre dans le hall d’embauche. Toutes les mesures sécuritaires ont été prises pour leur permettre de travailler en toute quiétude.
10 juin 2009
La colère des ouvriers chinois
C’est sans doute le plus grand mouvement de protestation publique depuis les événements de Tiananmen en 1989. Depuis trois longues semaines, des milliers d’ouvriers du Nord-est de la Chine manifestent leur mécontentement dans la rue, pour réclamer le versement de leurs allocations et la libération de leurs représentants.
Les manifestations ont lieu dans les villes de Daqing et de Liaoyang, au cœur du bassin industriel de Mandchourie, frappé par la crise économique. Autour de ces villes, les industries d’Etat font vivre, directement ou indirectement, neuf personnes sur dix. Mais les rendements de ces industries lourdes sont en baisse et les plans sociaux se sont multipliés. Quand on leur a annoncé qu’ils ne recevraient plus d’allocations pour le chauffage et qu’ils se verraient supprimer leur sécurité sociale après licenciement, les ouvriers de Daqing, par milliers, jusqu’ à 30.000 personnes, descendent tous les jours dans la rue depuis le premier mars. Réunis sur la place de «l’Homme de fer», du nom d’un héros légendaire du prolétariat dans les années soixante, ils font le pied de grue devant le siège local de Petro China, la compagnie publique qui les emploie. «Les Hommes de fer, ce sont nous» ont-ils lancé sous les fenêtres de leur employeur. A Liaoyang, des raisons similaires ont poussé les ouvriers à braver le froid et les vents de sable, pour protester par dizaines de milliers devant le siège du gouvernement local.
L’armée dépêchée sur place s’est bien gardée de réprimer en masse le mouvement. Les autorités ont préféré laisser mûrir le mouvement pour qu’en émerge des meneurs, et les faire arrêter un à un par des policiers en civil.
Mais les manifestants ont continué à protester, cette-fois-ci, pour obtenir la libération de leurs porte-paroles. Vendredi, le mouvement a été officiellement décrété «illégal», et des cordons de militaires ont commencé à filtrer les routes, tarissant le flot de manifestants. Mais les braises de la colère ne sont pas éteintes pour autant et on fait toujours état de manifestations.
Les oubliés de la réforme économique
Par sa durée et son ampleur, cette série de manifestations est inhabituelle. En Chine la formation de syndicats par les travailleurs eux-même est strictement interdite. En cas de conflit, le syndicat officiel suit les directives des échelons supérieurs, et agit comme un instrument de contrôle sur les travailleurs plutôt que comme un agent de médiation. «Les travailleurs commencent à s’organiser et à régler leurs problèmes par eux-mêmes, c’est un signe à la fois encourageant, et inquiétant, car ils sont motivés par la faim», annonce le China labour bulletin, association qui milite pour la défense des droits des travailleurs (www.china-labour.org.hk). Autrefois considérés comme les héros de la République populaire, les ouvriers sont les grands oubliés des réformes économiques d’aujourd’hui. Durant l’ère maoïste, on entrait à l’usine pour la vie, avec un salaire, un logement et une retraite garantis. C’est ce qu’on appelait le «bol de riz en fer». Les temps ont changé.
La Chine entre à l’OMC (l’Organisation mondiale du commerce) et les entreprises d’Etat sont désormais chargées de devenir compétitives en s’adaptant aux lois du marché, quel qu’en soit le prix social. Rien qu’à Daqing, ce sont 88.000 employés dont on a annoncé le licenciement depuis deux ans. Cotée en bourse, Petro China se trouve entre le marteau et l’enclume. La compagnie a aussi des comptes à rendre à ses actionnaires. «Si nous plions, nos actions vont baisser, mais si nous continuons à licencier, la grogne va continuer» a déclaré un responsable de Petro China. Situation paradoxale pour une compagnie d’Etat, dans un pays qui se réclame encore communiste.
06 juin 2009
Espagne, Vigo au 6eme jour de grève des métallurgistes et durs affrontements avec la police
13.00h : Les grévistes métallurgistes prennent le centre de Vigo et répondent aux charges de la police avec des barricades de feu, des pierres, écrous et vis. En ce moment 1.500 travailleurs se retirent aux environs du chantier naval où les affrontements continuent.
Quatre grévistes et cinq policiers blessés dans les affrontements d’hier. Ils annoncent que la réponse à la violence policière sera aujourd’hui plus ferme.
Actualisation 13.00h : Depuis le début de la matinée les affrontements entre les travailleurs du secteur métallurgique à Vigo et la police se sont succédé dans le centre de la ville de Vigo. Les travailleurs se sont affrontés à la violence policière à une dureté particulière dans la zone de Bouzas.
L’un des premiers affrontements a été enregistré en plein centre, à la Porta do Soleil. Les grévistes provenant des chantiers navals de Teis à cet endroit à d’autres groupes de travailleurs; en profitant que cette zone est temporairement coupée au trafic de voitures par des travaux, ils ont monté une barricade avec les clôtures et tubes des travaux. Le trafic d’autobus urbains et de taxis (les seuls véhicules qui sont autorisés à passer par cette zone pendant les travaux) reste bloqué et plus d’une dizaine d’autobus se trouvent arrêter. Ils se sont retranchés derrière des barricades en plein centre de Vigo ils ont recommencé lancer des pierres et des boules de caoutchouc.
En même temps, un groupe de travailleurs ont essayé d’occuper le Concello de Vigo, bien que la police l’empêchât. Cependant, les travailleurs ont lancé des objets contre les fenêtres du siège municipal et la police a répondu en fermant les accès de peur que plus de grévistes se présentent aux environs.
Dans les parages du chantier naval Barreras ont commencé les plus graves affrontements. Depuis les hauts points de la ville on observe une énorme colonne de fumée provoquée par les barricades montées par les travailleurs qui se sont affrontés de nouveau aux antiémeutes en lançant des pierres et des vis. Cette fois le niveau des affrontements est encore plus grand et des pétards de foire ont été utilisés. Les antiémeutes du Corps National de Police essaient de déloger avec des balles en caoutchouc en ce moment le rassemblement de centaines de métallurgistes dans la zone viguesa de Beiramar, où est situé le chantier naval Barreras, bien que les grévistes continuent dans les zones adjacentes.
Les balles en caoutchouc ne freinent pas le sixième jour de grève des métallurgistes
Les affrontements entre des antiémeutes et les grévistes du secteur métallurgique, qui entament aujourd’hui leur sixième jour de grève par la convention collective, se sont soldés par un total quatre grévistes blessés, la majorité des cas à cause à l’impact de balles de en caoutchouc.
Les syndicats ont confirmé que, par suite des altercations, commencées à la suite de l’intervention policière quand les grévistes restaient pacifiquement rassemblés dans la zone de Praza de América et qui par la suite se sont déplacé aux environs du chantier naval Barreras, un total quatre grévistes ont été blessés, trois d’eux par des balles et l’autre, apparemment, par l’impact d’une massue.
Parmi ces cas, celui qui est d’une plus grande gravité est celui d’un délégué de CC.OO., auquel l’impact d’une balle pourrait avoir provoqué une fracture dans les côtes. Après les premiers soins reçus dans la zone des incidents, cette personne a été déplacée aux urgences de l’Hôpital Meixoeiro de Vigo, où il est toujours en ce moment.
Les travailleurs sont sortis au début de la matinée de leurs centres respectifs de travail – en provoquant à leur passage des arrêts du trafic – et se sont rassemblés à partir de 10.30 heures dans Praza de l’Espagne, d’où ils se sont présentés à Praza de España pour célébrer une assemblée dans laquelle ils ont annoncé la convocation d’une grève indéfinie.
Après les arrêts de trafic qui ont été enregistrées au début de la matinée, les travailleurs sont sortis pour une marche vers la Praza de América où ils sont restés rassemblés à partir d’à peu près l13.00 heures, et jusqu’à l’arrivée de plus d’une dizaine de fourgons policiers.
Ceux-ci ont occupé la rotonde de la place, dans laquelle jusqu’à ce moment se trouvaient les grévistes, qui se sont dispersés en courant vers le centre Commercial les Camélias et les trottoirs et les rues des environs. Ainsi, la situation a été tendue jusqu’à ce qu’il arrivât à y avoir des affrontements dans lesquels les forces de sécurité ont lancé les balles en caoutchouc, et qui se sont reproduites plus tard dans la zone de Biramar, où à été lancé des balles en caoutchouc des fumigènes.
D’avantage de force face à la violence des piquets du patron
Le porte-parole de la CIG, d’Antolín Alcántara, a considéré que le comportement de la Police “est un sujet plus petite” face à la défense de la convention collective; et il a assuré que demain (la journée dans laquelle il y aura aussi une grève) “on essaiera de donner une réponse proportionnelle” à ce qui s’est produit aujourd’hui, en signalant même que « la réponse sera plus grande ».
(source : La Haine 04/06/09, traduction Futur Rouge)
