Après Ben Ali et Moubarak, à qui le tour ? L’incendie révolutionnaire s’est propagé à tous les pays arabes. C’est la panique du côté des dictateurs, pendant que la population redouble de courage et de confiance en elle, malgré la répression la plus féroce, comme en Libye.

En Algérie, au Yémen, au Bahreïn, en Libye, en Iran, ou au Maroc, à des degrés divers, les manifestations se multiplient. En Libye, les centaines de morts sur ordre du dictateur aux abois n’ont contribué qu’à survolter le courage des manifestants et propager la révolte dans tout le pays. En Algérie, Bouteflika fait mine de faire quelques concessions qui ne trompent personne et il risque bien de suivre le chemin de Ben Ali. En Tunisie, les manifestations continuent, pour ne « pas se faire voler la révolution ».

En Egypte, c’est l’entrée fracassante de la classe ouvrière dans la révolution qui a porté le coup fatal à Moubarak. La semaine précédant sa démission, une vague de grèves avait touché des dizaines de milliers de travailleurs des télécoms, du rail, des arsenaux, d’usines de charbon, de coton, de textile, de médicaments, de ciment, etc. Les revendications : la liberté mais aussi des embauches et des augmentations de salaire. L’objectif de l’armée égyptienne toujours au pouvoir est clair : le retour à l’ordre. Elle a annoncé qu’elle se chargeait d’organiser des élections mais qu’elle ne tolèrerait plus les grèves et manifestations. Pas certain pour autant que la classe ouvrière soit prête à disparaître de la scène. En tout cas, seules la poursuite de sa mobilisation et son organisation sur ses propres bases pourront permettre d’aller au-delà d’un simple ravalement de façade du régime, vers une véritable révolution sociale seule à même d’en finir avec toute forme de dictature.

C’est le chômage, la pauvreté et la répression féroce, ajoutés à la hausse des prix des produits de première nécessité due aux spéculations des trusts agro-alimentaires et des banques mondiales, qui a entraîné le prolétariat des pays arabes à se révolter contre leurs régimes à la solde des impérialismes et contre la dictature de l’argent. Les pays arabes sont les proies des mêmes qui ont plongé le monde dans la crise financière. Les révoltes de cette jeunesse prolongent celles de la jeunesse grecque ou d’Europe, tous ceux, ici comme là-bas, ne voulant pas payer leur crise ! Tous ceux qui sont conscients que les échéances électorales avec au bout une alternance à «gauche» ou un gouvernement d’union nationale ne changera rien à la réalité du capitalisme !

Les révolutions qui enflamment le monde arabe pourraient bien être ainsi les premiers signes annonciateurs d’une révolution sociale et politique qui traverse les mers et les océans, pour enfin renverser l’ordre capitaliste mondial.

La lutte des peuples arabes est la nôtre ! Soutenons-la, et sachons nous inspirer de ce modèle pour nous organiser contre l’Etat et les patrons !

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